❇️ Introduction : Le défi climatique à l’heure des nouvelles CDN
Le quinzième rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions (Emissions Gap Report 2024) de l’UNEP intervient au bon moment. Alors que les pays doivent soumettre leurs nouvelles Contributions Déterminées au niveau National (CDN) pour 2035 d’ici février 2025, ce rapport souligne une réalité préoccupante : l’ambition ne suffit pas sans action concrète.

❇️ L’état des émissions mondiales : une tendance inquiétante
L’année 2023 marque un nouveau record des émissions mondiales de gaz à effet de serre, atteignant 57,1 GtCO2e, soit une augmentation de 1,3% par rapport à 2022. Cette hausse, supérieure à la moyenne de la décennie pré-COVID (0,8% par an), touche tous les secteurs. Le secteur électrique reste le principal émetteur (15,1 GtCO2e), suivi par les transports (8,4 GtCO2e), l’agriculture et l’industrie (6,5 GtCO2e chacun). L’aviation internationale, qui avait connu une forte baisse pendant la pandémie, affiche une reprise spectaculaire avec une croissance de 19,5% en 2023.
❇️ Les inégalités persistantes dans les émissions
Le rapport pointe des disparités importantes entre pays. Le G20, excluant l’Union Africaine, représente 77% des émissions mondiales. Les six plus grands émetteurs concentrent 63% du total, tandis que les pays les moins avancés ne comptent que pour 3%. Les écarts sont encore plus marqués en termes d’émissions par habitant : les États-Unis et la Russie émettent près de trois fois la moyenne mondiale (6,6 tCO2e), alors que l’Inde et l’Union Africaine restent bien en-dessous.
❇️ L’insuffisance des engagements actuels
Bien que 90% des parties à l’Accord de Paris aient actualisé leurs CDN initiales, les progrès se sont essentiellement concentrés avant la COP26 de 2021. Sous les politiques actuelles, les émissions mondiales en 2030 devraient atteindre 57 GtCO2e, dépassant de 2 GtCO2e les objectifs des CDN inconditionnelles et de 5 GtCO2e ceux des CDN conditionnelles. Le G20, collectivement, n’est pas en voie d’atteindre ses objectifs, avec onze membres considérés comme « hors trajectoire ».

❇️ Les engagements net zéro : entre ambition et réalité
Quid des engagements de neutralité carbone? Si 101 parties, représentant 82% des émissions mondiales, ont adopté des objectifs net zéro, la mise en œuvre reste problématique. Tous les membres du G20, à l’exception du Mexique et de l’Union Africaine, ont fixé de tels objectifs. Cependant, sept d’entre eux n’ont pas encore atteint leur pic d’émissions, et les autres devront considérablement accélérer leur décarbonation après 2030.
❇️ L’écart d’émissions : un défi croissant
L’écart entre les trajectoires actuelles et celles nécessaires pour respecter l’Accord de Paris reste alarmant. Pour limiter le réchauffement à 1,5°C, les émissions devraient diminuer de 42% d’ici 2030 par rapport à 2019. Les CDN actuelles ne prévoient qu’une réduction de 4% (inconditionnelles) à 10% (conditionnelles). Le temps perdu depuis 2020 complique encore la tâche, réduisant le budget carbone restant et augmentant les risques de dépassement.
❇️ Les solutions sectorielles et le rôle du financement
Le rapport identifie un potentiel significatif de réduction des émissions : 31 GtCO2e en 2030 et 41 GtCO2e en 2035. Les énergies solaire et éolienne représentent à elles seules 27% de ce potentiel en 2030 et 38% en 2035. La réalisation de ce potentiel nécessite une multiplication par six des investissements dans l’atténuation, avec un accent particulier sur les économies émergentes et en développement.

❇️ Conclusion
Il y a urgence pour une action immédiate et ambitieuse. La trajectoire actuelle mène à un réchauffement de 3,1°C, mais la mise en œuvre complète des engagements existants pourrait le limiter à 1,9°C. Les prochaines CDN devront être beaucoup plus ambitieuses, avec des plans de mise en œuvre détaillés et un soutien financier renforcé aux pays en développement.

Source Emission Gap Report 2024
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