| La transition vers la neutralité carbone est un défi pour l’économie mondiale, mais aussi une opportunité sans précédent pour repenser notre modèle de développement. Le rapport (version finale) « Les enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone » de la Direction générale du Trésor analyse les implications macroéconomiques et sectorielles de cette transition. Elle intègre les enjeux pour les entreprises, le marché du travail, le commerce extérieur, les ménages et les finances publiques. |
🟥 Contexte et urgence de la transition
Le réchauffement climatique, déjà perceptible avec une hausse moyenne des températures de +1,2°C au niveau mondial et +2,1°C en France hexagonale par rapport à l’ère préindustrielle, menace de s’intensifier. En l’absence de mesures supplémentaires, le réchauffement pourrait atteindre +3°C dans le monde et +4°C en France d’ici la fin du siècle, avec des conséquences environnementales, sociales et économiques désastreuses. La France, engagée dans l’Accord de Paris, vise une réduction de 50% de ses émissions brutes de gaz à effet de serre d’ici 2030 et la neutralité carbone en 2050. Cette ambition nécessite une transformation profonde de notre économie, impliquant un renchérissement du coût des émissions de gaz à effet de serre et des investissements massifs dans les technologies bas-carbone.
🟥 Mécanismes économiques de la transition
La transition vers la neutralité carbone s’appuie sur deux leviers principaux : le renchérissement du coût relatif des émissions de gaz à effet de serre et les investissements supplémentaires en décarbonation. Le premier canal, via la fiscalité, les subventions ou la réglementation, vise à déclencher les investissements nécessaires à la décarbonation et à réduire les investissements dans les activités émissives. Le second canal, les investissements supplémentaires pour la décarbonation, soutiendra le niveau d’activité à hauteur de 1 point de PIB en 2030, bien que leur financement et le surcoût qu’ils représentent pour les entreprises puissent amoindrir cet effet positif de 0,6 point de PIB.
🟥 Impacts macroéconomiques
Les effets macroéconomiques de la transition sont complexes et dépendent de l’action climatique de nos partenaires commerciaux. Une transition mondiale, sans redistribution des recettes, commencerait par ralentir l’activité dans le monde et par suite en France via la baisse de la demande adressée aux entreprises domestiques. Cet effet serait largement limité dans le cas d’une transition avec redistribution aux ménages des recettes de la fiscalité sur les produits carbonés dans chaque pays. À long terme, les politiques d’atténuation du changement climatique induisent des bénéfices, notamment par les gains de productivité des technologies bas-carbone et les moindres importations de combustibles fossiles.
🟥 Enjeux sectoriels et sociaux
La transition implique des réallocations d’emplois, avec moins d’emplois bruns et davantage d’emplois verts. Les ménages seront touchés de manière différenciée, les plus modestes et les ruraux étant davantage exposés à un renchérissement du prix du carbone. Des politiques d’accompagnement, comme MaPrimeRénov’ et le leasing, sont mises en place pour réduire le surcoût lié aux investissements bas-carbone. Les secteurs de l’industrie, de l’énergie, des transports et de l’agriculture sont particulièrement concernés par la transition, avec des défis spécifiques à chaque secteur.
🟥 Dimension internationale
La transition vers la neutralité carbone doit être pensée dans un contexte mondial. L’Accord de Paris encourage chaque pays à renforcer progressivement ses politiques climatiques. Le renforcement de la tarification du carbone dans le monde et les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières constituent des instruments efficaces pour réduire les émissions et prévenir les fuites de carbone. L’absence de coordination et de coopération internationale, notamment en matière commerciale, serait préjudiciable à une transition ordonnée et à son acceptabilité.
🟥 Conclusion
La transition vers la neutralité carbone est un défi économique, mais maîtrisable. Elle représente un coût macroéconomique modéré et transitoire, très inférieur à celui de l’inaction climatique. Les efforts de transformation du système énergétique, productif et alimentaire pourront renforcer la souveraineté énergétique et économique de la France. Les politiques publiques doivent être adaptées pour maximiser les bénéfices et minimiser les coûts de la transition, tout en assurant une acceptabilité sociale. La France, par son engagement et ses actions, peut jouer un rôle moteur dans la lutte contre le changement climatique, tout en saisissant les opportunités économiques offertes par la transition écologique.
🟥 Les ressources
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