| Le rapport « Impacts environnementaux du numérique dans le monde », publié par l’association GreenIT en février 2025, offre une analyse approfondie des conséquences écologiques du secteur numérique. Ce document, rédigé par un collectif d’experts bénévoles, vise à sensibiliser le grand public et à encourager des pratiques plus durables dans l’utilisation des technologies numériques. Le rapport dresse un état des lieux alarmant et propose des pistes de réflexion pour un avenir plus responsable. |
Présentation des résultats
Le numérique, souvent perçu comme immatériel, a des impacts environnementaux significatifs. En 2023, environ 30,5 milliards d’équipements numériques étaient actifs, soit près de 6 équipements par internaute. Si le numérique était un pays, il émettrait autant de gaz à effet de serre que trois fois la Corée du Sud ou 5,5 fois la France. Cette empreinte écologique est particulièrement marquée par l’utilisation des ressources en minéraux et métaux, qui dépasse désormais le potentiel de réchauffement climatique en termes d’impact.
Les équipements utilisateur, tels que les smartphones, téléviseurs et objets connectés, représentent entre 48 et 72 % des impacts environnementaux totaux. Les réseaux et centres informatiques contribuent également de manière significative, avec des impacts variant entre 15 et 26 % selon les indicateurs. Le rapport souligne que la phase d’utilisation des équipements a proportionnellement plus d’impact que la phase de fabrication, sauf pour l’épuisement des ressources en minéraux et métaux et les émissions de radiations ionisantes.
Comparaison aux limites planétaires
Le numérique consomme déjà 40 % du budget annuel soutenable d’un internaute pour rester en dessous de 1,5°C de réchauffement climatique. Cette proportion est disproportionnée par rapport aux besoins essentiels comme se loger ou se nourrir. Le rapport met en exergue la nécessité de réduire drastiquement les impacts environnementaux du numérique pour respecter les limites planétaires et assurer un avenir durable pour les générations futures.
Répartition des impacts environnementaux et sanitaires
Les impacts environnementaux du numérique sont principalement répartis entre les équipements utilisateur (48 à 72 %), les réseaux (15 à 26 %), et les centres informatiques (13 à 26 %). La phase d’utilisation des équipements a proportionnellement plus d’impact que la phase de fabrication, sauf pour l’épuisement des ressources en minéraux et métaux et les émissions de radiations ionisantes.
Analyse détaillée
Équipements utilisateur
Les équipements utilisateur, tels que les téléviseurs, smartphones, et objets connectés, représentent entre 48 et 72 % des impacts environnementaux totaux. Les téléviseurs, en particulier, ont un impact significatif en raison de leur nombre et de l’augmentation continue de la taille des écrans. Les objets connectés, souvent alimentés sur secteur, consomment une quantité importante d’électricité.
Réseaux
Les réseaux fixes et mobiles sont responsables de 15 à 26 % des impacts environnementaux globaux. Le réseau mobile, avec ses 7 milliards d’abonnements, a un impact plus important que le réseau fixe, bien que ce dernier permette des usages plus intensifs en données.
Centres informatiques
Les centres informatiques, essentiels pour le stockage et le traitement des données, consomment une quantité substantielle d’énergie. Les serveurs configurés pour l’IA représentent déjà entre 1 et 5 % des impacts environnementaux du numérique, un chiffre appelé à croître avec l’essor de l’intelligence artificielle.
Recommandations
Pour réduire les impacts environnementaux du numérique, le rapport propose plusieurs recommandations. Il appelle à la sobriété numérique, en réduisant le nombre d’équipements et en allongeant leur durée de vie. Les pouvoirs publics, les entreprises et les citoyens sont invités à agir de manière concertée pour diminuer l’empreinte écologique du secteur. Les recommandations incluent des actions concrètes telles que la réduction de la consommation énergétique des équipements, la promotion de l’écoconception et la limitation des usages non essentiels.
Recommandations Générales
- Sobriété Numérique : Adopter une approche de sobriété numérique en réduisant le nombre d’équipements et en allongeant leur durée de vie. Cela inclut l’arbitrage des usages pour privilégier les besoins essentiels.
- Réduction des Impacts : Agir sur les phases de cycle de vie qui concentrent le plus d’impacts, notamment la fabrication et l’utilisation des équipements et des services numériques.
Pour les Pouvoirs Publics
- Limiter la Croissance du Numérique : Encadrer les usages du numérique, notamment pour les services publics, et favoriser l’allongement de la durée de vie des équipements.
- Informer et Consulter les Citoyens : Sensibiliser le public sur les impacts environnementaux du numérique et ouvrir le débat pour définir collectivement un numérique souhaitable.
- Encourager la Transparence : Cadrer les pratiques d’évaluation et d’affichage des impacts environnementaux des équipements et services numériques.
Pour les Entreprises et Organisations
- Réduire les Impacts Environnementaux : Généraliser les pratiques d’écoconception des équipements et des services numériques.
- Transparence et Innovation : Évaluer et communiquer les impacts environnementaux des équipements et services, et innover pour adopter des modèles d’affaires compatibles avec les limites planétaires.
- Freiner les Nouveaux Usages : Ralentir le déploiement de nouvelles infrastructures et adopter des modèles d’entreprises régénératives.
Pour les Citoyens
- Limiter le Nombre d’Équipements : S’équiper uniquement du strict nécessaire et choisir des appareils durables et sobres énergétiquement.
- Résister aux Modes et Questionner les Usages : Réduire le temps d’écran et les usages intensifs en données, et ne renouveler les appareils que lorsque nécessaire.
- Prolonger la Durée d’Usage : Protéger et entretenir les appareils pour prolonger leur durée de vie, et favoriser la filière du reconditionnement.
Conclusion
Le rapport de GreenIT sonne l’alarme sur les impacts environnementaux du numérique et appelle à une prise de conscience collective. Il met en lumière la nécessité d’adopter des pratiques plus durables et de repenser notre relation avec les technologies numériques. En suivant les recommandations proposées, il est possible de réduire significativement l’empreinte écologique du secteur et de contribuer à un avenir plus respectueux de l’environnement.
Les ressources
- Le rapport GreenIT Impacts environnementaux du numérique dans le monde 2025
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