| La « Croissance Régénératrice et Bénéfique » propose une révolution des modèles économiques, en investissant dans des capitaux renouvelables pour créer des systèmes durables et équitables. Ce cadre, illustré par des transitions rapides dans l’énergie et l’agriculture, appelle à une collaboration entre entreprises, gouvernements et communautés pour un avenir prospère et résilient. Une lecture indispensable pour les experts en RSE cherchant à intégrer des pratiques régénératrices dans leurs stratégies. |
Introduction
L’article « How the Concept of ‘Regenerative Good Growth’ Could Help Increase Public and Policy Engagement and Speed Transitions to Net Zero and Nature Recovery » explore une vision novatrice pour transformer les modèles économiques actuels, en rupture avec la croissance traditionnelle du PIB, souvent perçue comme extractive et nuisible. Les auteurs, dont Jules Pretty et Dennis Garrity, introduisent le concept de « Croissance Régénératrice et Bénéfique » (CRB), une approche centrée sur la valorisation et la croissance de cinq capitaux renouvelables : le capital naturel, social, humain, culturel et physique durable. Cette proposition vise à répondre aux crises climatiques et environnementales tout en favorisant le bien-être humain et la justice sociale.
Contexte et urgence des crises interconnectées
Les auteurs commencent par réaffirmer l’urgence des crises interconnectées que sont le changement climatique, la perte de biodiversité et les inégalités sociales. Les données présentées sont frappantes : une augmentation de la température globale de +1,2 à 1,3°C depuis l’ère préindustrielle, une diminution de 69 % des populations de faune sauvage entre 1970 et 2018, et des inégalités sociales persistantes, voire croissantes dans certaines régions. Ces crises forment un « triple défi » qui nécessite des transitions rapides et justes pour éviter des conséquences irréversibles.
Les auteurs critiquent le paradigme actuel de la croissance du PIB, qu’ils qualifient de « mauvaise croissance du PIB ». Ce modèle, axé sur la maximisation de la production et de la consommation, ignore les externalités négatives, telles que la dégradation environnementale et les impacts sociaux. Il repose sur l’idée que la croissance économique résoudra les problèmes environnementaux grâce à l’innovation technologique, une hypothèse qui s’est révélée fausse. Les externalités, comme les coûts environnementaux et sociaux, sont souvent déplacées dans le temps ou l’espace, créant une illusion de prospérité.
La Croissance Régénératrice et Bénéfique (CRB)
Face à ces échecs, l’article propose la CRB comme une alternative viable. Ce concept repose sur des principes de régénération, où les systèmes économiques deviennent circulaires, minimisant l’utilisation des ressources non renouvelables et éliminant les externalités négatives. La CRB vise à investir dans les cinq capitaux renouvelables pour créer des systèmes économiques stables, résilients et bénéfiques pour tous. Les auteurs insistent sur l’importance de la diversité des réponses politiques et de l’engagement public pour éviter les réactions négatives et l’autoritarisme climatique.
L’article met également en lumière des exemples concrets de transitions rapides et de points de basculement positifs dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et des villes. Par exemple, la capacité installée de l’énergie solaire a augmenté de 400 % depuis 2015, et les ventes de véhicules électriques ont été multipliées par 1000. Ces transitions montrent que des changements rapides sont possibles et peuvent être économiquement bénéfiques.
Implications pour la RSE
La CRB présente des implications significatives pour la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). En adoptant ce modèle, les entreprises peuvent non seulement réduire leur empreinte écologique, mais aussi contribuer positivement à la société et à l’environnement. Cela nécessite une réévaluation des pratiques commerciales actuelles et une intégration des principes de régénération dans les stratégies d’entreprise.
Les entreprises doivent investir dans des pratiques qui favorisent la croissance des cinq capitaux renouvelables. Par exemple, elles peuvent adopter des pratiques agricoles régénératrices, investir dans les énergies renouvelables, et promouvoir des initiatives de développement communautaire. Ces actions peuvent non seulement améliorer la réputation de l’entreprise, mais aussi créer des opportunités économiques durables.
Réflexion critique
Bien que la CRB présente un cadre prometteur, elle n’est pas sans défis. Les auteurs reconnaissent les risques de rebond, où les gains d’efficacité sont compensés par une augmentation de la consommation. Ils soulignent également la nécessité de repenser les subventions toxiques qui encouragent la mauvaise croissance du PIB et de les rediriger vers des initiatives régénératrices.
De plus, la mise en œuvre de la CRB nécessite un engagement politique et public fort. Les entreprises doivent collaborer avec les gouvernements et les communautés locales pour développer des solutions adaptées aux contextes spécifiques. Cela nécessite une approche inclusive et participative, où les parties prenantes sont impliquées dans le processus décisionnel.
Complément pour comprendre l’article : En quoi l’approche RGG se distingue des autres concepts
La Regenerative Good Growth (RGG) se distingue des autres concepts d’économie régénératrice par son approche intégrée et son accent sur la diversité des capitaux renouvelables. Voici quelques points clés qui la différencient :
- Capitaux renouvelables : La RGG met l’accent sur cinq types de capitaux renouvelables : naturel, social, humain, culturel et physique durable. Cette approche holistique vise à créer des systèmes économiques qui non seulement respectent les limites planétaires, mais aussi favorisent le bien-être humain et la cohésion sociale.
- Engagement public et politique : Contrairement à d’autres concepts qui peuvent se concentrer principalement sur des solutions technologiques ou économiques, la RGG insiste sur l’importance de l’engagement public et politique. Elle propose des stratégies pour éviter les backlashes et encourager une adoption volontaire des pratiques durables.
- Narration et histoires : La RGG reconnaît le rôle crucial des histoires et de la narration dans la mobilisation du public. Elle met en avant la nécessité de créer des récits positifs et inspirants pour encourager l’action collective.
- Diversité des réponses : La RGG prône la diversité des réponses pour éviter les solutions uniques imposées. Elle encourage la co-création de solutions avec le public, permettant une adaptation locale et contextuelle des pratiques durables.
- Transition systémique : Plutôt que de se concentrer uniquement sur des secteurs spécifiques, la RGG appelle à une transformation systémique des économies et des sociétés. Cela inclut la réforme des subventions, la promotion de l’agriculture régénératrice, et la redéfinition des villes pour des modes de vie durables.
- Inclusion des externalités : La RGG cherche à internaliser les externalités négatives, souvent ignorées dans les modèles économiques traditionnels. Elle vise à créer des systèmes où les coûts environnementaux et sociaux sont pris en compte et minimisés.
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