2025 – La révolution silencieuse de la durabilité dans les entreprises américaines – par Reuters Events

The State of Sustainability Reporting by United States Business in 2025 de Reuters Events explore l’état actuel et les perspectives futures du reporting durable des entreprises américaines. À travers des analyses et des interviews avec des professionnels de la durabilité de grandes entreprises, ce rapport montre les innovations, les défis et les tendances émergentes dans ce domaine. Il aborde également l’impact du contexte réglementaire changeant et des controverses autour de l’ESG, tout en soulignant l’engagement continu des entreprises envers des pratiques durables.

Une réalité incontournable : la durabilité s’impose dans les entreprises américaines

Le rapport commence par une affirmation claire : la durabilité est désormais profondément ancrée dans les pratiques des entreprises américaines. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 99 % des 100 plus grandes entreprises américaines produisent des rapports de durabilité, et 87,9 % d’entre elles obtiennent une assurance tierce pour ces rapports. Ces données, issues de l’International Federation of Accountants et corroborées par des études de KPMG et EcoOnline, montrent que la durabilité n’est plus une option, mais une norme.

Les entreprises interrogées, comme Autodesk, DuPont, Ford, Google, Microsoft, Paypal, Whirlpool et Wilson, témoignent de leur engagement de longue date. Par exemple, Ford a publié son premier rapport d’impact social il y a 26 ans, malgré les réticences initiales. Aujourd’hui, ces entreprises ne se contentent plus de suivre des cadres externes comme le SASB, le TCFD ou le GRI ; elles innovent en matière de reporting, en intégrant des approches plus transparentes et centrées sur l’impact réel de leurs produits.

Cependant, cette adoption massive ne signifie pas que toutes les entreprises sont au même niveau. Si les grandes entreprises sont en avance, les PME et les entreprises de taille moyenne montrent également un engagement croissant. Une étude de Sage révèle que 53 % des petites entreprises américaines considèrent la reporting durable comme un levier pour améliorer leur réputation, et 27 % en produisent déjà. Ce chiffre pourrait atteindre 56 % dans l’année à venir.

Des innovations concrètes dans la reporting durable

Les entreprises interrogées mettent en avant des innovations majeures dans leurs pratiques de reporting. Autodesk, par exemple, investit dans des projets d’énergies renouvelables et soutient technologiquement les entreprises qui construisent ces infrastructures. DuPont utilise un benchmarking externe pour améliorer continuellement ses rapports, tandis que Google intègre l’intelligence artificielle pour analyser et présenter ses données de manière plus interactive.

D’autres entreprises, comme Paypal, renforcent leur gouvernance interne en impliquant des comités de direction et des conseils d’administration dans le processus de reporting. Whirlpool, quant à elle, a réduit la longueur de son rapport de moitié en deux ans, en se concentrant sur des récits plus concis et percutants. Ces exemples montrent que les entreprises ne se contentent plus de cocher des cases ; elles cherchent à rendre leurs rapports plus accessibles, pertinents et alignés avec leurs stratégies globales.

Les défis de la double matérialité et des émissions indirectes

L’un des défis majeurs abordés dans le rapport est celui de la double matérialité, c’est-à-dire l’évaluation des impacts financiers et extra-financiers des activités d’une entreprise. Des entreprises comme DuPont, Google, Paypal et Wilson ont adopté cette approche, qui leur permet de mieux comprendre leur empreinte globale. Paypal, par exemple, a réalisé une évaluation de double matérialité en 2024, ce qui a transformé sa vision en intégrant des données financières et extra-financières.

Un autre défi est la mesure des émissions indirectes, ou Scope 3. DuPont a abandonné les modèles basés sur les dépenses pour adopter une approche basée sur les activités, en calculant les émissions réelles de ses produits. Microsoft, de son côté, utilise des données télémétriques pour estimer les émissions liées à ses consoles Xbox et autres appareils. Ces innovations montrent que les entreprises cherchent à passer d’estimations théoriques à des mesures concrètes et vérifiables.

L’impact du contexte réglementaire et politique

Le rapport aborde également l’impact du contexte réglementaire et politique sur la reporting durable. Avec le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris et la montée des critiques contre l’ESG, les entreprises naviguent dans un environnement incertain. Cependant, elles restent engagées dans leurs objectifs de durabilité. Autodesk et DuPont, par exemple, soulignent que leurs engagements sont globaux et ne dépendent pas uniquement des régulations américaines.

Certaines entreprises, comme Ford, adoptent même des régulations européennes comme la CSRD de manière volontaire, bien qu’elles ne soient pas obligées de le faire. Cela montre une volonté de rester à la pointe des pratiques mondiales, indépendamment des fluctuations politiques locales.

Les perspectives futures : vers une reporting continue et interactive

Les entreprises interrogées anticipent plusieurs évolutions pour l’avenir. Autodesk prévoit d’intégrer les émissions évitées (Scope 4), c’est-à-dire les émissions réduites grâce à l’utilisation de leurs produits. Google et Paypal misent sur l’intelligence artificielle pour rendre leurs rapports plus interactifs et accessibles. Wilson et Whirlpool envisagent des tableaux de bord en temps réel pour suivre leurs progrès tout au long de l’année, plutôt que de se limiter à des rapports annuels.

Ces évolutions montrent que la reporting durable évolue vers une approche plus continue, transparente et engageante, où les parties prenantes peuvent suivre les progrès en temps réel et interagir avec les données.

Un engagement inébranlable malgré les défis

En conclusion, le rapport montre que la durabilité est devenue une priorité stratégique pour les entreprises américaines, malgré les défis réglementaires et politiques. Les entreprises interrogées témoignent d’un engagement profond et d’une volonté d’innover pour rendre leurs pratiques de reporting plus pertinentes, transparentes et alignées avec leurs valeurs.

Comme le souligne Fernando Reyes-Gonzalez de Microsoft : « Nous n’avons qu’une seule planète. C’est une vérité simple, mais essentielle. Nous devons continuer à progresser, quelles que soient les difficultés. » Cette déclaration résume parfaitement l’état d’esprit des entreprises interrogées : un mélange de pragmatisme, de détermination et d’espoir pour un avenir plus durable.

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