Pourquoi la RSE contient déjà les clés de la régénération (sans le dire)

En quelques mots : synthèse de la tribune du 16 juin 2025 de Martin Richer et Michel Laviale Régénérer la RSE

Michel Laviale et Martin Richer font partie des « sceptiques du Regen ». Face à la montée des critiques contre la RSE et à l’émergence parfois brouillonne du concept d’« entreprise régénérative », ils proposent une réponse ferme et documentée pour démontrer que la RSE n’est ni obsolète ni inefficace. Elle doit être régénérée, non remplacée. En s’appuyant sur des référentiels robustes, une vision systémique et une gouvernance renouvelée, la RSE peut redevenir un levier puissant de transformation écologique, sociale et économique. L’heure n’est plus à la dispersion des concepts, mais à la consolidation des pratiques.

La ressource

🔗 La tribune (longue) de Martin Richer et Michel Laviale Régénérer la RSE du 16 juin 2025 – dans Management & Transition

Sommaire

Introduction – Une RSE sous le feu des critiques

Il souffle sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises un vent de tempête qui mêle désillusion, impatience et remise en cause. Des États-Unis à l’Europe, la RSE, naguère promue comme levier stratégique, se retrouve aujourd’hui sur la sellette, accusée tour à tour d’inefficacité, de technocratie, de mollesse face aux urgences du siècle. Elle serait, dit-on, trop bavarde et trop peu agissante, trop périphérique pour transformer, trop morale pour convaincre. Le backlash ESG, né dans les travées du conservatisme américain, a trouvé en Europe un écho inattendu, nourri par les crispations sociales autour du Pacte vert, la crise agricole, et les poussées populistes. En France, la fragmentation du paysage RSE n’a fait qu’accentuer sa vulnérabilité.

Mais dans ce tumulte, l’économie régénérative promet de dépasser la RSE, de la supplanter même, en prétendant restaurer ce que l’entreprise a détruit, en générant des impacts positifs nets sur les écosystèmes et les sociétés. Le mot est séduisant: régénérer. Il évoque la guérison, la renaissance, la réparation. Il flatte notre désir d’agir pour le bien, de laisser une empreinte lumineuse. Et pourtant on peut s’interroger sur ce qui se cache derrière ces promesses. Car si la RSE mérite d’être questionnée, elle ne mérite pas d’être balayée. Elle est, rappellent les auteurs, le fruit de soixante-dix années d’expériences, de luttes, de constructions patientes. Elle a ses failles, certes, mais aussi ses fondations solides, ses outils éprouvés, ses principes universels, ce qui n’est pas encore le cas de la Régénération, loin de là.

Cette tribune n’est donc ni destinée à être un plaidoyer nostalgique de la RSE, ni un rejet dogmatique du régénératif. C’est une tentative de dépasser les querelles de chapelle pour retrouver l’essence de la RSE : une boussole pour naviguer dans un monde en mutation, un levier de transformation systémique, un langage commun entre entreprises, territoires et sociétés. Régénérer la RSE, c’est lui redonner souffle et vigueur, sans céder aux mirages conceptuels. C’est refuser la fuite en avant des slogans pour revenir à l’essentiel : l’impact réel, mesurable, durable.

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