| En quelques mots : Et si le numérique n’était plus un espace de liberté, mais un territoire colonisé ? Amnesty International démonte dans ce rapport les rouages, les logiques, les conséquences des empires de Google, Meta, Microsoft, Amazon et Apple. Ce rapport à la fois une alerte sur l’effondrement passif des droits humains dans l’architecture même de nos vies connectées et un plaidoyer pour une meilleure régulation de marché. Les Big Tech sont devenues les architectes de nos interactions, nos opinions et nos émotions. Leur pouvoir repose sur une triple emprise : la captation massive de données, l’absorption des alternatives, et l’influence politique. Elles surveillent, orientent, exploitent à l’échelle mondiale. Cette domination produit des atteintes systémiques à la vie privée, à la liberté d’expression, à l’accès à l’information, aux droits du travail, à l’environnement. Elle amplifie les discours haineux, verrouille les conditions d’accès au numérique, et impose des termes abusifs que nul ne peut négocier. Elle s’étend désormais à l’intelligence artificielle générative, où les mêmes logiques de prédation, de concentration et d’opacité se reproduisent. Amnesty appelle les États à mobiliser le droit de la concurrence comme outil de justice, à imposer des remèdes structurels et comportementaux, à intégrer les droits humains dans chaque décision économique. Elle exige que les plateformes deviennent interopérables, que les données soient portables, que les abus soient sanctionnés, que les travailleurs soient protégés, que les citoyens soient respectés. Il faut selon Amnesty rompre avec ces empires et briser l’emprise, et reconstruire un numérique fondé sur la dignité, la pluralité, la transparence : reprendre en somme le contrôle de nos vies numériques. |
Les ressources
🔗 Amnesty International – 2025-09 – Breaking up with big tech
🔗 Amnesty International – 2019-11 – Surveillance giants – How the business model of Google and Facebook threatens human rights
🔗 Directive européenne de 2024 AI Act
🔗 Un site dédié à l’AI Act
Les ressources pour enrichir le débat
🔗 Livre – Shoshana Zuboff – L’Âge du capitalisme de surveillance
🔗 Livre – Asma Mhalla – Technopolitique – Comment la technologie fait de nous des soldats
🔗 Livre – Giuliano da Empoli – Les ingénieurs du chaos
🔗 Josh Simons and Dipayan Ghosh, Utilities for Democracy: Why and How the Algorithmic Infrastructure of Facebook and Google Must Be Regulated, August 2020,
🔗 Les gatekeepers selon la Commission Européenne
Sommaire
La bigTech, un empire sans contre-pouvoir
Cinq géants – Google, Meta, Microsoft, Amazon et Apple – ont tissé une toile si vaste qu’elle enserre désormais les fondations mêmes de nos vies numériques. Leur pouvoir s’étend aux normes, aux infrastructures, aux comportements, aux imaginaires. Ces entreprises sont devenues les architectes invisibles (ou trop visibles pour être compris) de notre quotidien connecté, parfois comparées à des fournisseurs de services publics, mais sans les obligations qui en découlent.
Amnesty International dénonce certes une forte concentration économique, mais montre l’architecture de domination sous-tendue qui sape les droits humains fondamentaux. Le droit à la vie privée, à l’information, à l’expression, à la non-discrimination, au travail décent – tous sont fragilisés par des modèles d’affaires fondés sur la surveillance, la captation de l’attention, et l’exploitation algorithmique des émotions.
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