| En quelques mots : Le contrat social n’est pas mort — mais il ne va pas bien. C’est ce que révèle ce rapport franco-britannique, qui ausculte les espoirs, les désillusions et les contradictions des citoyens face aux pactes implicites qui régissent leur vie : travail, sécurité, démocratie, consommation. En France comme au Royaume-Uni, les individus ne rejettent pas l’idée d’un contrat collectif ; ils en vivent les effets, en subissent les manquements, en espèrent les réparations. Mais les récits divergent : là où les Britanniques pensent en termes de devoirs et de services, les Français parlent de promesses trahies et de reconnaissance absente. Le travail reste central, mais il est vécu comme une épreuve. La démocratie est attendue comme un espace de respect, mais elle déçoit par sa déconnexion. La consommation est désirée, mais elle oppresse. Et la transition écologique, pourtant urgente, peine à s’inscrire dans ce paysage contractuel fragmenté. Ce rapport ne propose pas un modèle, mais une cartographie des tensions. Il montre que pour réinventer le contrat social, il faudra partir du vécu, des ambivalences, des différences culturelles. Et surtout, il faudra redéfinir ce que signifie « vivre correctement » dans un monde en crise. |
La ressource
🔗 Hot or Cool Institute – IDDRI – 2024-11 – Inside the minds of citizens – Interpretations of today’s social contract in France and the UK
Sommaire
Quelques idées phares du rapport
Les pactes sociaux revisités
Les pactes sociaux contemporains se composent de quatre pactes :
- Pacte travail : source de reconnaissance, de statut, de sécurité. Mais aussi lieu de désillusion, de précarité, de perte de sens.
- Pacte sécurité : au-delà de l’ordre public, elle englobe la santé, la stabilité sociale, la protection contre les risques (y compris climatiques).
- Pacte démocratie : moins institutionnelle que morale. Attente de respect, de transparence, de représentativité. Le vote est un devoir, mais la démocratie est jugée déconnectée. Reformulation du pacte : « Nous acceptons qu’une élite politique prenne des décisions à notre place à condition qu’elle soit responsable, transparente et qu’elle représente nos intérêts. »
- Pacte consommation : perçue comme voie d’accès au bien-être, mais aussi comme pression, piège, source de malaise éthique. Reformulation du pacte : « Nous acceptons un certain degré d’inégalité économique et le rôle croissant du marché en échange de la possibilité de consommer ce que nous voulons et d’exposer notre statut social. »
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