| En quelques mots : Synthèse du rapport The Land Gap Report 2025 https://landgap.org/2025/report Le Land Gap Report 2025 dénonce une dangereuse illusion au cœur de nos stratégies climatiques : le pari risqué que la terre pourra absorber indéfiniment nos émissions de carbone. Cette comptabilité fictive permet aux États de repousser la fin inéluctable des énergies fossiles, tout en menaçant gravement la biodiversité et la sécurité alimentaire. Il démontre que cette pression sur les terres est le symptôme direct d’un système économique défaillant. En effet, les pays riches en biodiversité sont souvent contraints de surexploiter leurs ressources pour rembourser des dettes souveraines insoutenables ou compenser les pertes liées à l’évasion fiscale. Ce document va donc au delà du cadre écologique pour devenir un véritable appel à une réforme économique. Pour protéger les forêts, planter des arbres n’apportera pas la solution ; il faut démanteler les mécanismes financiers (dette, commerce, fiscalité) qui rendent aujourd’hui leur destruction structurellement rentable. |
La ressource
🔗The Land Gap Report – 2025-11
Chapitre 1 : Le « Land Gap » — Le mirage d’un milliard d’hectares
Il y a une écart vertigineux entre la réalité biophysique de notre planète et les promesses climatiques des États. L’analyse des nouvelles contributions nationales révèle que les gouvernements prévoient de mobiliser environ 1 milliard d’hectares de terres pour l’élimination du carbone (Carbon Dioxide Removal – CDR).
Imaginez une superficie plus vaste que la Chine, entièrement dédiée à compenser nos excès de carbone. Cette dépendance excessive aux solutions fondées sur la terre sert souvent de « droit à polluer » pour les pays émetteurs, leur permettant de repousser la décarbonation réelle de l’industrie et de l’énergie à des horizons lointains. Le rapport souligne l’injustice flagrante de cette approche : elle fait peser le fardeau de l’atténuation sur les terres — souvent situées dans les pays du Sud — au risque de déplacer la production alimentaire et de fragiliser les écosystèmes.
Plus grave encore, cette stratégie ignore souvent les droits fonciers des peuples autochtones et des communautés locales (IPs & LCs), pourtant gardiens éprouvés de ces territoires. Le « Land Gap » n’est donc pas seulement un déficit de terres disponibles, c’est un déficit de réalisme et de justice.
_Si la demande en terres pour le carbone est irréaliste, qu’en est-il de la protection des forêts existantes ?
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