Perspectives énergétiques mondiales 2024

Perspectives énergétiques mondiales 2024 – par l’Agence International de l’Energie (IEA)

️Rapport publié le 16 octobre 2024

Dans un monde énergétique en pleine mutation, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publie son « World Energy Outlook 2024 » à l’aube de la COP29 qui doit se tenir du 11 au 29 novembre en Azerbaïdjan. Boussole pour les décideurs et les acteurs du secteur, il esquisse les contours d’un paysage énergétique en transition, où l’électricité s’impose comme la nouvelle reine des énergies, détrônant peu à peu les combustibles fossiles de leur règne séculaire.

L’AIE, jadis gardienne des intérêts des pays importateurs de pétrole et garante de la sécurité d’approvisionnement, se mue aujourd’hui en sentinelle de la transition énergétique. Son directeur exécutif, Fatih Birol, annonce l’avènement de « l’ère de l’électricité », succédant aux âges du charbon et du pétrole. Cette métamorphose redéfinit les enjeux de sécurité énergétique, désormais indissociables de la lutte contre le changement climatique.

Le rapport dépeint un tableau aux teintes contrastées. D’un côté, l’essor fulgurant des énergies renouvelables et de l’électrification laisse entrevoir une lueur d’espoir dans la quête de la neutralité carbone. De l’autre, les tensions géopolitiques et la persistance des investissements dans les énergies fossiles jettent une ombre sur ces avancées. La Chine joue un rôle prépondérant en générant à elle seule une grande partie de la croissance de la demande électrique (aujourd’hui les 2/3 de la demande mondiale) mais aussi du déploiement des technologies propres (60% de la nouvelle capacité installée en 2023).

Citation ➡️ « L’expansion de l’énergie solaire en Chine progresse à un tel rythme que, d’ici le début des années 2030 – dans moins de dix ans – la production d’énergie solaire chinoise pourrait à elle seule dépasser la demande totale d’électricité des États-Unis aujourd’hui. »

Paradoxalement, alors que le monde s’apprête à entrer dans une ère d’abondance énergétique, avec une offre excédentaire de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’horizon 2030, les défis se multiplient. Cette manne potentielle pourrait se révéler être un cadeau empoisonné, ralentissant les efforts de transition si les gouvernements et les consommateurs ne saisissent pas cette opportunité pour accélérer le virage vers les énergies propres.

Il y a urgence à investir massivement dans les infrastructures de soutien, notamment les réseaux électriques et le stockage d’énergie. Ces investissements piliers de la transition peinent à suivre le rythme effréné du déploiement des énergies renouvelables. Un ratio d’investissement de 1:1 entre production propre et infrastructures de soutien est préconisé, contre 0,6:1 actuellement, pour garantir une décarbonation sûre et efficace du secteur électrique.

Malgré ces avancées, le constat reste sans appel : le monde n’est toujours pas sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs climatiques. Les émissions de CO2, bien qu’approchant d’un pic « imminent », ne montrent pas de signes d’un déclin prononcé par la suite. L’AIE projette un réchauffement de 2,4°C d’ici la fin du siècle, bien au-delà de l’objectif de 1,5°C fixé par l’Accord de Paris.

Face à ces défis titanesques, l’AIE appelle à une mobilisation sans précédent. Elle annonce l’organisation d’un sommet international sur l’avenir de la sécurité énergétique au deuxième trimestre 2025 (à Londres), ainsi qu’une conférence mondiale sur l’énergie et l’intelligence artificielle en décembre prochain.

Nord – Sud / Pays riches – Pays pauvres
Le rapport soulève des questions sur l’équité et l’inclusivité de la transition énergétique. Le fossé qui se creuse entre pays riches et pauvres en matière d’accès aux technologies propres est alarmant. Avec seulement 15% des investissements dans les technologies bas carbone réalisés dans les pays émergents et en développement, l’AIE met en lumière l’urgence d’une solidarité internationale renforcée.

Citation ➡️ « Le manque d’accès à l’énergie reste l’inégalité la plus fondamentale du système énergétique actuel, avec 750 millions de personnes – principalement en Afrique subsaharienne – sans accès à l’électricité et plus de 2 milliards sans combustibles de cuisson propres. »

La transition énergétique n’est pas qu’une question technique ou économique, mais avant tout un défi politique et sociétal. Face aux incertitudes géopolitiques et aux enjeux climatiques, les choix que nous ferons dans les prochaines années seront déterminants pour façonner le système énergétique de demain.

Rapport World Energy Outlook 2024


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