(Livre) – Réindustrialisation, climat, même combat – par Julien Marchal
Peut-on réindustrialiser et répondre au défi de la transition écologique. C’est à cette question que Julien Marchal, auteur de « Déjouer le populisme : bâtir le contrat social du XXIe siècle » (Sept. 2024) entend répondre.
Le constat est clair : l’Europe a adhéré à la mondialisation, vue comme facteur de progrès, depuis la chute du mur de Berlin. Les gains économiques liés aux délocalisations de la production rendent impossible « à court terme de (i) réaliser la transition écologique ; (ii) préserver le pouvoir d’achat ; (iii) préserver les comptes publics » selon le tryptique définit par l’économiste Philippe Martin.
La voie de la subvention qui a longtemps été suivie par l’Europe (la PAC par exemple, subventions de relocalisations, aides aux technologies vertes) est pourtant une impasse budgétaire qui devrait immanquablement se répercuter sur les impôts. Cette voie est aussi celle de la guerre économique entre puissances continentales, guerre que les Etats-Unis devraient sortir gagnants du fait des limites quasi inexistantes de leur déficit public.
La seule voie selon Julien Marchal est donc de faire payer « le surcoût du verdissement et de la relocalisation par les consommateurs. » Pour autant, cela n’est possible qu’à certaines conditions pour ne pas risquer de nouvelles crises comme celle des gilets jaunes:
- l’information sur la différence pour les consommateurs
- l’exemplarité sur les achats de l’état
- des bonus/malus pour rééquilibrer la différence entre produits verts européens et produits conventionnels moins chers
- des outils de redistribution
- un discours bienveillant sur les réussites de cette transition
- le soutien à la vertu et l’acte militant
- l’utilisation de cette démarche permettant l’autonomie stratégique et la préservation des biens communs comme outil de la cohésion et facteur de sens
« Grâce à la mondialisation, les dernières décennies ont permis au consommateur européen que nous sommes d’accéder à une quantité incroyable de biens. Cette abondance atteint aujourd’hui ses limites, car elle s’est faite en partie au détriment du travailleur (délocalisation, mise en concurrence renforcée) et du citoyen (dépendances géopolitiques, montée du populisme). »
« Elle atteint également ses limites car, politiquement, l’abondance ne s’est pas traduite pas dans les urnes par un plébiscite ; au contraire tous les pays occidentaux subissent la montée du populisme et la liste des pays vaincus (heureusement temporairement) s’allonge d’années en années. »
Les ressources
- L’article (inspiré du livre) Réindustrialisation, climat, même combat – de Julien Marchal
- Le livre « Déjouer le populisme – bâtir le contrat social du XXIème siècle » – de Julien Marchal
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