McKinsey, au travers de son annuel « Global Materials perspective » pour 2024 étudie les transformations majeures que connaît l’industrie minière et métallurgique, tirée par la demande croissante en matériaux nécessaires aux technologies bas-carbone. Cette évolution rapide entraine des conséquences en termes d’approvisionnement durable, d’innovation technologique et de décarbonation de la production, enjeux majeurs de cette transformation.
La concentration géographique de l’offre, notamment en Chine pour le raffinage, crée des risques de ruptures d’approvisionnement. Cela pousse de nombreux pays à mettre en place des politiques pour sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement en matériaux critiques. Pour gérer ce risque, les entreprises doivent intégrer les enjeux géopolitiques dans l’analyse des risques.
La demande en matériaux de transition énergétique comme le lithium, le cuivre ou les terres rares devrait connaître une croissance exponentielle d’ici 2035. Cela nécessitera des investissements massifs (5,4 billions $ estimés) pour augmenter les capacités de production. Un défi majeur sera de concilier cette augmentation avec les objectifs de durabilité.

L’innovation technologique s’accélère, par exemple avec l’évolution des chimies de batteries. Cela crée de l’incertitude sur les projections de demande à long terme pour certains matériaux. Pour les entreprises, cela implique d’adopter une approche agile et d’investir dans la R&D.
Les émissions du secteur devraient baisser de 15% d’ici 2035, principalement grâce à la décarbonation du mix électrique. Mais des efforts supplémentaires seront nécessaires, notamment sur les procédés industriels, pour atteindre les objectifs climatiques. Le rapport montre le potentiel des énergies renouvelables pour réduire l’empreinte carbone.
La volonté de payer un surcoût pour des matériaux bas-carbone reste limitée (moins de 15% des clients accepteraient +10%). Cela pose la question du financement de la transition et du rôle des politiques publiques pour créer les incitations nécessaires.
Ces constats soulèvent des défis majeurs pour les entreprises en termes de gestion des risques d’approvisionnement, de décarbonation et d’innovation. Plusieurs pistes d’action émergent :
- Diversifier les sources d’approvisionnement et développer des partenariats long-terme avec les fournisseurs
- Investir dans l’efficacité matière et le recyclage pour réduire la dépendance aux matières premières vierges
- Accélérer l’électrification et l’approvisionnement en énergies renouvelables des sites industriels
- Explorer les technologies de rupture comme la réduction directe à l’hydrogène pour l’acier
- Engager les clients sur la valeur des matériaux bas carbone malgré les surcoûts
Intégrer une approche holistique est indispensable, en intégrant l’analyse des risques d’approvisionnement et la promotion de chaînes de valeur plus résilientes, l’accompagnement de l’innovation pour des procédés plus durables, le développement de stratégies de décarbonation ambitieuses, et la sensibilisation des parties prenantes aux enjeux de durabilité des matériaux.
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