RSE à la Croisée des Chemins – Scénarios pour l’engagement des entreprises dans un monde en mutation

Ce travail de la Fondation Jean Jaurès explore l’évolution de la responsabilité sociétale des entreprises, en regardant les influences politiques, sociales et économiques qui ont façonné ces changements. Il explore les défis actuels et futurs de la RSE, dont la transition écologique et les politiques de diversité, en proposant des scénarios pour l’avenir de l’engagement des entreprises dans la société. Une lecture essentielle pour ceux qui souhaitent comprendre les dynamiques complexes de la RSE et les défis auxquels les entreprises sont confrontées aujourd’hui.

Introduction : Tout allait si bien…

L’étude explore l’évolution de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) depuis les années 1970, en mettant en lumière les influences politiques, sociales et économiques qui ont façonné ces changements. Il évoque les initiatives privées et publiques, telles que la déclaration de la Business Roundtable en 2019 et la loi Pacte en France, qui ont marqué un tournant dans la manière dont les entreprises perçoivent leur rôle dans la société. Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte mondial marqué par la COP 21 et les objectifs de développement durable des Nations unies, soulignant l’importance croissante de l’engagement des entreprises dans des domaines tels que l’environnement et la diversité.

L’invention de la responsabilité : l’entreprise, passager clandestin de la société ?

Le discours fondateur d’Antoine Riboud en 1972 est présenté comme un moment clé dans l’histoire de la RSE en France. Riboud a plaidé pour une responsabilité environnementale et sociale des entreprises, en réponse aux défis posés par la croissance économique et les externalités négatives qu’elle génère. Ce discours a jeté les bases d’une vision plus humaine et durable de l’entreprise, en insistant sur l’importance de la qualité de vie des travailleurs et de la protection de l’environnement.

L’ère des managers, qui a suivi, a vu l’émergence de la théorie de l’agence, qui a redéfini la responsabilité des dirigeants en alignant leurs intérêts avec ceux des actionnaires. Cette période a également été marquée par des critiques, notamment celles de Milton Friedman, qui a soutenu que la seule responsabilité sociale des entreprises était d’accroître leurs profits.

L’âge identitaire : l’entreprise, miroir de la société ?

Le document examine comment les entreprises ont intégré les questions de diversité et d’inclusion, en réponse aux défis identitaires et sociaux. En France, les politiques de diversité ont été influencées par des événements comme les grèves des ouvriers immigrés dans les années 1980 et la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Ces événements ont mis en &évidence les tensions entre les aspirations identitaires et les valeurs républicaines, et ont souligné la complexité de la gestion de la diversité en entreprise.

L’inflation normative : l’entreprise au secours de la société ?

La responsabilité sociale des entreprises s’est développée en réponse à une inflation normative, avec l’introduction de nombreuses régulations et obligations, telles que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et les obligations de reporting extra-financier. Ces normes visent à pousser les entreprises à s’engager davantage dans des pratiques durables et responsables, tout en les contraignant à rendre compte de leurs actions.

Raison d’être et mission : une nouvelle théorie de la firme

Le document explore une nouvelle théorie de la firme, qui redéfinit l’entreprise comme un acteur politique doté d’une raison d’être et d’une mission. Cette vision, inspirée du christianisme social, insiste sur l’importance de la responsabilité des entreprises envers leurs parties prenantes et la société dans son ensemble. Elle propose une approche plus holistique de la RSE, qui intègre les dimensions sociales, sociétales et environnementales.

Le capitalisme sera vert avant d’être juste

La transition écologique est présentée comme un impératif pour les entreprises, mais elle doit être intégrée de manière à promouvoir la justice sociale. Le document souligne l’importance de la transition écologique et de la justice sociale dans les pratiques de RSE, en proposant des scénarios futurs pour l’évolution de la RSE.

Les scénarios

  1. Retour au « Business as Usual » :
    • Ce scénario envisage un retour à une vision plus traditionnelle de la RSE, où les entreprises se concentrent principalement sur l’accroissement des profits, comme le préconisait Milton Friedman. Les entreprises continueraient à s’engager dans des pratiques responsables, mais de manière discrète, sans les mettre en avant dans leur communication. Ce scénario suggère un « coup de balancier » temporaire vers une approche plus conservatrice.
  2. Encastrement du Politique dans le Système Entrepreneurial :
    • Inspiré par des modèles comme celui de Silvio Berlusconi en Italie ou de Donald Trump aux États-Unis, ce scénario imagine une fusion entre le pouvoir politique et économique. Les dirigeants politiques utilisent leur position pour promouvoir leurs intérêts économiques, et vice versa. Cela pourrait conduire à une privatisation du politique et à une utilisation des entreprises comme des outils de pouvoir et d’influence.
  3. Ré-encastrement de l’Économie dans le Politique :
    • Ce scénario propose une réinvention de l’engagement des entreprises dans un cadre plus équilibré, où les entreprises assument leurs responsabilités sociales et environnementales tout en respectant les valeurs et les besoins de la société. Il s’agit de redéfinir la RSE sur des bases nouvelles, en intégrant les préoccupations matérielles et sociales des travailleurs, et en répondant aux attentes croissantes des parties prenantes. Ce scénario met l’accent sur la durabilité et la justice sociale comme piliers de l’engagement des entreprises.

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