| L’article de Yvon Pesqueux, intitulé « Robert E. Freeman et la théorie des parties prenantes en question », explore de manière critique et approfondie la théorie des parties prenantes, initialement formulée par R. Edward Freeman en 1984. Pesqueux examine comment cette théorie, bien que largement adoptée dans les domaines de l’éthique des affaires et de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), est souvent mal comprise et mal appliquée. L’article met en lumière les ambiguïtés et les défis inhérents à la théorie des parties prenantes, tout en soulignant son évolution et son adaptation dans divers contextes organisationnels et culturels. En analysant les classifications, les fondements éthiques et politiques, ainsi que les implications pratiques de cette théorie, Pesqueux offre une perspective nuancée et réfléchie sur son utilité et ses limites dans le monde contemporain des affaires. |
Introduction
La théorie des parties prenantes, formulée par R. E. Freeman en 1984, est souvent évoquée dans les champs de l’éthique des affaires et de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Bien qu’elle soit largement reconnue et discutée dans ces domaines, son application initiale en stratégie est souvent négligée, malgré les clarifications de son fondateur. Cette théorie, qui peut être qualifiée d’approche interactionniste de la stratégie, est également une théorie relationnelle dans le champ des théories des organisations, bien qu’elle soit souvent oubliée par les manuels du domaine.
La théorie des parties prenantes a fait l’objet de nombreux débats et sert de référence à la fois pour les discours et les actions liés aux politiques de responsabilité sociale des entreprises, ainsi que pour de nombreux travaux en sciences des organisations et en analyse politique. La multiplicité des références à cette théorie peut être comparée à une véritable Tour de Babel conceptuelle. La notion de partie prenante peut être considérée comme un « objet frontière », c’est-à-dire une référence qui circule au sein de plusieurs communautés tout en conservant le même nom, mais sans nécessairement recouvrir les mêmes réalités. Elle peut ainsi être utilisée de manière robuste et plastique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces communautés, tenant à la fois du concret et de l’abstrait.
La théorie des parties prenantes tend aujourd’hui à s’imposer comme une référence au travers du mimétisme des politiques de responsabilité sociale des entreprises, au point de prendre les aspects d’un discours dominant. C’est pourquoi de nombreux faux arguments sont échangés à son sujet. La question posée est de savoir si la théorie des parties prenantes ne plairait pas tant à cause de son apparente facilité, alors que sa fausse évidence masquerait en fait des ambiguïtés qui, si elles ne sont pas assumées, risquent de conduire à de nombreuses erreurs d’interprétation. Son contenu et ses implications ont évolué dans le temps, et elle a constitué l’enjeu de pseudo-disputes attestant du statut de la chose sérieuse qu’est la mission de l’organisation, tout en étant aussi le signe de l’existence d’un intellectualisme américain en sciences des organisations.
Contexte et développement de la théorie
La notion de « partie prenante » est devenue d’usage si courant aujourd’hui que l’on en oublie souvent ses conditions d’apparition aux États-Unis. Elle est née comme une réaction libérale (au sens américain du terme, c’est-à-dire contestataire) à la primauté accordée à la valeur financière et à la figure de l’actionnaire (shareholder), primauté rendue légitime durant les mandats du président Reagan. La référence aux parties prenantes aurait donc pour vocation de faire des actionnaires l’une d’entre elles, mais en même temps leur matrice, les parties prenantes fondant leur existence et leur légitimité sur des raisonnements dérivés de ceux des actionnaires. En d’autres termes, chaque partie prenante représenterait des intérêts suffisamment égoïstes et homogènes pour être considérée en tant que telle.
La théorie des parties prenantes est apparue comme un aboutissement d’un « parti pris » qui se justifie au nom des agents rassemblés dans une catégorie. Elle est apparue en contrepoint du propriétarisme de la catégorie des actionnaires, qui se caractérise par la légitimation d’un modèle qui conçoit l’organisation comme un système construit pour générer des rentes à ses propriétaires en relation avec des « contrats sociaux » établis avec les parties prenantes. À l’accroissement de la responsabilité des actionnaires correspondrait, en miroir, l’accroissement de la responsabilité de l’organisation, indépendamment de ses actionnaires et de ses managers, les parties prenantes venant alors rendre compte de l’accroissement de cette responsabilité comprise d’ailleurs plutôt comme une réceptivité.
Classifications des parties prenantes
Une partie prenante se définit d’abord au regard d’intérêts convergents qui divergeraient de ceux des autres. C’est en cela que la théorie des parties prenantes construit ses développements sur la tension « proximité – distance », proximité des intérêts des uns et distance avec ceux des autres, cette proximité étant également fondatrice de la proximité de certaines parties prenantes avec d’autres.
On peut distinguer des classifications archétypiques d’ordre principalement descriptif, des classifications reconnues et des classifications controversées, ces deux derniers types de classification étant plutôt de l’ordre du normatif.
Pour T. Donaldson et L. E. Preston, les parties prenantes sont définies par leur intérêt légitime dans l’organisation, ce qui implique que les ayants droit sont des groupes et personnes ayant des intérêts légitimes ; ils sont connus et identifiés et que les intérêts de tous les groupes de parties prenantes ont une valeur intrinsèque.
On distingue classiquement :
- Les « parties prenantes primaires » ou « contractuelles » qui concernent les agents organisationnels en relation directe et déterminée contractuellement avec l’entreprise. Elles ont été les premières à avoir été mises en évidence, fondant ainsi une conception partenariale au regard des relations tressées entre l’organisation et ses parties prenantes.
- Les « parties prenantes secondaires » ou « diffuses » qui regroupent les agents situés autour de l’organisation envers lesquels son action se trouve avoir un impact mais sans pour autant se trouver en lien contractuel. Elles fondent une conception sociétale des relations entre l’organisation et son environnement.
D’autres classifications existent comme celles qui distinguent les parties prenantes « volontaires » ou « involontaires » (M. B. Clarkson), les parties prenantes « stratégiques » ou « morales » (K. Goodpaster, J. Frooman). Elles insistent sur trois aspects : la nécessité de savoir qui sont les parties prenantes, ce qu’elles veulent et comment elles vont essayer de l’obtenir.
La caractéristique commune à ces classifications est qu’elles reposent sur l’idée d’une différenciation possible entre des parties qui se référeraient à un « intérieur » et d’autres qui se référeraient à un « extérieur » à l’organisation.
Il faut remarquer le développement de la référence aux parties prenantes au regard de crises dans la vie de l’organisation, l’occurrence de ces crises faisant apparaître les parties prenantes « diffuses ». À ce titre, et d’un point de vue politique, on pourrait noter la substitution de la notion de « crise » à celle de « lutte », et celle de partie prenante à un raisonnement en classes sociales et en termes d’exploitation. Tout comme dans les Cultural Studies, on assiste à la substitution de la masse à la classe comme objet d’analyse, les parties prenantes permettant de tenir compte de l’existence d’un grand nombre d’agents sociaux qui coexistent à un moment donné.
Fondements de la théorie des parties prenantes
Avant de proposer une investigation du champ de la théorie des parties prenantes, rappelons-en les postulats :
- L’organisation est en relation avec plusieurs groupes qui affectent et sont affectés par ses décisions (R. E. Freeman).
- La théorie est concernée par la nature de ces relations en termes de processus et de résultat vis-à-vis de la société et des parties prenantes.
- Les intérêts des parties prenantes ont une valeur intrinsèque et aucun intérêt n’est censé dominer les autres (M. B. Clarkson, T. Donaldson et L. E. Preston).
- La théorie s’intéresse à la prise de décision managériale (T. Donaldson et L. E. Preston).
- Les parties prenantes construisent une constellation d’intérêts à la fois coopératifs et concurrents (T. Donaldson et L. E. Preston).
Par ailleurs, la théorie des parties prenantes se réfère à la responsabilité sur la base de deux variantes :
- La première concerne l’aspect empirique de la responsabilité. La théorie est construite dans la perspective d’une prise en compte des intérêts de l’organisation qui va répartir ses efforts entre les parties prenantes selon leur importance. L’information est un élément majeur lui permettant de gérer ses relations afin d’éviter l’opposition des parties prenantes ou d’en gagner l’adhésion.
- La seconde conçoit la relation « organisation – parties prenantes » comme une relation sociale qui implique la genèse d’une responsabilité de l’organisation envers celles-ci. Il s’agit ainsi d’une approche normative de la responsabilité.
T. Donaldson et L. E. Preston offrent une taxonomie des différentes théories des parties prenantes en trois catégories :
- Catégorie de type normatif : les organisations et leurs managers agissent au regard de perspectives morales.
- Catégorie de type empirique et instrumental : l’obtention de résultats est plus probable si les managers agissent selon des perspectives morales.
- Catégorie de type empirique et descriptif : les organisations et les managers se comportent au regard de perspectives morales spécifiables.
Ils proposent, au-delà des discussions mentionnées plus haut, une théorie convergente des parties prenantes fondée sur les arguments suivants :
- Postulats : l’organisation opère publiquement sur un marché économique qualifié de compétitif, les décisions sont prises par des managers professionnels, les comportements sont contingents (aux circonstances et aux contextes).
- La théorie s’intéresse aux relations « managers – parties prenantes », relations considérées comme ayant des fondements moraux.
- Elle est simultanément empirique et normative car elle offre des résultats pratiques au regard de normes possibles à décrire.
Cependant, cette perspective a été critiquée car elle manque de construction formelle et de variables empiriquement testables.
Théorie des parties prenantes : empirique ou normative ?
Cette interrogation nécessite une délimitation précise du cadre de la théorie des parties prenantes sous deux variantes.
Pour T. Donaldson et L. E. Preston, cette théorie, de nature descriptive, considère que l’organisation est au centre de coopérations et de compétitions possédant chacune leur valeur intrinsèque. La théorie est alors utilisée pour décrire et parfois expliquer des caractéristiques et des comportements spécifiques comme, par exemple, la nature de l’organisation, la manière de penser la gestion des entreprises effectuée par les managers, comment certaines organisations sont actuellement gérées, la diffusion d’informations sociétales, les parties prenantes visées, l’importance accordée à chacune des parties prenantes qui varie selon la phase du cycle de vie de l’organisation.
Compte tenu de l’absence d’une interrogation quant à la légitimité intrinsèque des parties prenantes, la perspective descriptive conçoit l’organisation comme un lieu de conciliation des intérêts propres à chacune d’entre elles. Mais cette approche descriptive ne permet pas de fournir des propositions exploratoires ni de faire la connexion entre le management des parties prenantes et les objectifs traditionnels de l’organisation (croissance, profit, etc.).
L’idée de théorie instrumentale des parties prenantes a été avancée par T. M. Jones. L’idée principale en est que les entreprises qui pratiquent le management des parties prenantes, toutes choses égales par ailleurs, seront plus performantes en termes de profitabilité, de stabilité, de croissance, etc. On admet alors que certains résultats peuvent être obtenus par l’adoption de certains comportements. La théorie instrumentale est donc une théorie contingente (à un type de comportement) et déterministe.
T. Donaldson et L. E. Preston insistent également sur les bases normatives de la théorie des parties prenantes. Il s’agit, pour eux, d’une perspective qui se distingue du fonctionnalisme de la théorie descriptive. Il s’agit alors de spécifier les obligations morales sur lesquelles se fondent les parties prenantes. Le point commun entre les différentes approches de ce type est que les parties prenantes doivent être traitées comme des fins et que leurs intérêts possèdent une valeur intrinsèque. Au regard de cette perspective normative, la mise en œuvre d’une politique de responsabilité sociale est de vouloir répondre aux attentes des parties prenantes. L’approche normative conduit à légitimer l’idée de l’existence d’entreprises qui devraient être considérées comme des constellations d’intérêts coopératifs dans une sorte d’idéologie de convergence d’intérêts divergents, ce qui permettrait de relier la théorie des parties prenantes avec les théories de la justice afin d’acter les inégalités de fait des parties prenantes, inégalités qui, du fait de la reconnaissance de leurs attentes, peuvent être tolérées.
Ambiguïtés de la théorie des parties prenantes
Malgré son apparente facilité et sa fausse évidence, la théorie des parties prenantes naît corrélativement au « moment libéral » et prend racine dans les développements de la pensée philosophique que l’on peut qualifier de communautarienne. C’est par rapport à ces logiques que seront donc offertes les modalités d’une lecture compréhensive « épaisse », avec toutes les précautions culturalistes qu’il sied de mentionner si l’on se réfère à ce corpus. Il semble en effet infondé de commenter la théorie des parties prenantes indépendamment du constat de ses présupposés enracinés dans les fondements de la philosophie pragmatique. Les auteurs eux-mêmes reconnaissent cette affiliation. C’est au moins le cas pour T. Donaldson et E. R. Freeman. N’ont-ils pas suivi, au préalable, des études de philosophie ? Au regard de cette théorie, R. Phillips, E. R. Freeman et A. C. Wicks ont été obligés de s’exprimer sur les mauvais usages qui en sont faits. Ils affirment ainsi qu’elle est aujourd’hui une théorie éthique des organisations, ce que l’on reprendra en fin de ces développements, mais avec des arguments différents.
Cette théorie n’est pas contractualiste. Elle est née dans les perspectives philosophiques communautariennes dont l’objet central est la construction d’une théorie politique de l’équité. Le concept de partie prenante se référerait donc à une perspective communautarienne sortie de l’ornière du communautarisme, la partie prenante contribuant ainsi à la définition des contours d’un groupe auquel les agents organisationnels pourraient appartenir sans que ce soit pourtant à l’exclusion d’un autre. Et c’est cela qui constitue à la fois la richesse et l’ambiguïté de cette théorie. Un citoyen peut ainsi être à la fois client, actionnaire, salarié et partie prenante « diffuse », l’analyse de la position se faisant dans les catégories de la recherche de l’équité qui sera portée par la partie prenante concernée.
Fondements éthiques et politiques
La théorie des parties prenantes pose la question de ses fondements éthiques. Les auteurs ont au moins un accord entre eux qui est qu’elle doit être considérée comme permettant de fonder une éthique appliquée de la pratique des affaires. Mais cette perspective formelle ne permet pourtant pas de résoudre la question des fondements.
Se fonde-t-elle au regard des besoins ou des désirs ? Il y a là ambiguïté. Pour les parties prenantes dites contractuelles, on retrouve les deux aspects (expression d’un besoin de fourniture « honnête » vis-à-vis des fournisseurs, confusion « besoin – désir d’honnêteté » pour ce qui concerne les clients, désir de gain honnête pour ce qui concerne les actionnaires). Ce ne sont en revanche ni les besoins ni les désirs qui permettent de figurer les fondements des attentes des parties prenantes diffuses qui se construisent des « vies bonnes » qui leur servent de référence. Il s’agit pour elles de se réveiller le moment venu, lors du chahut de leur « vie bonne » du fait des conséquences des actions de l’organisation.
De façon plus générique, on peut, au-delà de la dualité « besoins – désirs », fonder les parties prenantes au regard du concept d’intérêt. Les parties prenantes se situent alors dans les catégories d’une réinterprétation contemporaine des sentiments moraux. Rappelons d’ailleurs ici la perspective à la fois ontologique et normative du sentiment moral. L’honnêteté vue comme sentiment moral est fondamentalement liée à un a priori du sujet honnête, et à la façon dont elle normalise le comportement compte tenu des circonstances. Le sentiment moral se situe en quelque sorte entre raison et émotion. Raison car il vient fonder axiologiquement le comportement (en « bien » ou en « mal »), émotion du fait de son fondement profondément subjectif. La théorie des parties prenantes est donc moyen de se raconter des « vies bonnes » au regard de la substance morale de l’activité économique d’aujourd’hui dans une perspective eudémoniste (une conception du bonheur) et non pas hédoniste (au regard des seuls désirs).
Démocratie délibérative et parties prenantes
La démocratie délibérative pose des questions subtiles dans la mesure où ses catégories se développent à l’intérieur même de celles de la démocratie représentative, étant présentée comme palliatif à son univocité et c’est en cela que la référence à la notion de partie prenante tend à en faire un système démocratique. À ce titre, et dans les catégories de la démocratie délibérative, la référence à des parties prenantes ne pourrait-elle pas être conçue comme une autorisation à délibérer (ladite partie se trouve ainsi « reconnue ») sans avoir à faire preuve de sa représentativité ?
Rappelons d’abord les contours réduits qu’A. Gutmann et D. Thompson donnent de la démocratie délibérative en en faisant une situation où seules les formes de politesse doivent être respectées, position qui ressemble, de façon troublante, aux chartes de comportement qui prévalent à l’acte de discussion lors de la construction des normes.
La démocratie délibérative indique ainsi l’importance accordée à la réciprocité dans la délibération, à la publicité de l’énonciation des positions des protagonistes (les parties prenantes), dont on doit éviter, au regard du principe de transparence, de ne pas énoncer les positions, fussent-elles extrêmes, et à la responsabilité du débatteur vis-à-vis de la communauté qu’il représente dans le débat. Ceci opère en quelque sorte indépendamment de la représentativité générale de cette communauté, comme avec les parties prenantes.
Se référer à la démocratie délibérative conduit à distinguer le politique, lieu de conciliation des intérêts et fondé par la dimension d’antagonisme (polemos) de la politique qui vise à « établir un ordre », organiser la coexistence (polis), vivre ensemble dans la dimension de l’agonisme, comme on l’a déjà souligné plus haut. Le projet de la démocratie délibérative est donc celui d’un ordre pluraliste de transformation des ennemis en adversaires comme condition d’existence de la démocratie dans une société et dans les entreprises, société qui peut alors être considérée comme réticulaire puisqu’elle n’implique pas un traitement équivalent sur toutes les parties du territoire à un moment donné, qu’il s’agisse d’un territoire géographique et/ou d’un territoire institutionnel.
Conclusion
En tant que théorie des organisations, la théorie des parties prenantes contribue à la fondation d’un modèle relationnel de l’organisation tenant lieu de véritable ontologie organisationnelle. Ces relations viendraient en quelque sorte constituer la substance organisationnelle, mais dans une perspective qui reste somme toute fonctionnaliste, même si la référence aux parties prenantes porte les germes d’une perspective interactionniste. Les sciences des organisations reposent sur le continuum « individu – groupe – communauté – entreprise – organisation – institutions – État ». L’organisation et, du fait de ce continuum, la théorie des parties prenantes sont par conséquent susceptibles d’offrir une compréhension de ce que sont les institutions. La théorie des parties prenantes conduit ainsi à une réification de l’organisation dans une dimension « ahistorique », réductrice aussi bien de leur diversité formelle que de leur nature institutionnelle et politique en privilégiant finalement la place de la direction dans un contexte de dilution du droit qui lui laisse ainsi les mains libres. Mais le projet de recherche de conformité aux normes et aux valeurs sociales qu’elles recouvrent sont un autre signe de l’institutionnalisation de l’entreprise, au-delà du dépassement de la citation toujours faite de la position de M. Friedman. Il affirme que la seule responsabilité du dirigeant (et de l’entreprise) est de réaliser du profit à défaut de quoi des individus privés auto-désignés participeraient à la définition de ce qu’est l’intérêt de la société. C’est à partir de cette position à dépasser que se trouve fondée la référence à des parties prenantes. Mais c’est aussi ce qui fonde l’institutionnalisation évoquée plus haut, c’est-à-dire la participation des directions à la définition du Bien Commun. Et pourtant les parties prenantes ne concernent seulement que les grandes organisations. Le réseau des parties prenantes est en effet beaucoup trop nucléarisé pour ce qui concerne les petites et les moyennes entreprises pour que l’analyse en vaille la peine.
Les ressources
- L’article d’Yvon Pesqueux – Robert E. Freeman et la théorie des parties prenantes en question
En savoir plus sur REPÈRES RSE
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
