Récits, pactes, promesses – recomposer le contrat social – par l’IDDRI

En quelques mots : synthèse du rapport de l’IDDRI – Avril 2024 – Vers un nouveau contrat social – le rôle et la place des récits

Et si le contrat social était une histoire qu’on se raconte ? Une histoire que l’on croit, que l’on transmet, que l’on conteste parfois, mais sans laquelle aucune société ne tient debout. À l’heure où les récits dominants vacillent, où les pactes implicites entre citoyens et institutions se fissurent, où l’écologie peine à trouver sa voix dans le tumulte des promesses trahies, ce travail de l’IDDRI propose une lecture radicalement nouvelle : penser la transition non comme un programme technique, mais comme une entreprise narrative.
Car ce qui manque aujourd’hui n’est pas tant un plan qu’un sens. Non pas une vérité, mais une vraisemblance. Non pas un grand récit venu d’en haut, mais une constellation de récits vécus, articulés autour de ce que chacun attend encore du travail, de la sécurité, de la démocratie, de la consommation. Ce que montre ce travail, c’est que les récits ne sont pas des ornements du politique : ils en sont la matière première. Et que pour réinventer le contrat social, il faut d’abord écouter les histoires que les gens se racontent sur ce qu’ils donnent, ce qu’ils reçoivent, ce qu’ils espèrent.
Ce travail est à rebours des injonctions à l’innovation narrative: partir des récits existants, de leurs tensions, de leurs négociations, pour composer une nouvelle grammaire du collectif. Une grammaire où l’autonomie serait une promesse crédible. Où la transition écologique serait un levier de résolution des crises sociales. Où les récits antidémocratiques ne seraient plus les seuls à proposer une intrigue cohérente. Bref, une grammaire pour réécrire ensemble ce que signifie vivre en société.

La ressource

🔗 Le rapport de l’IDDRI – Avril 2024 – Vers un nouveau contrat social – le rôle et la place des récits

Sommaire

Préambule : le récit comme boussole dans un monde désorienté

Il ne s’agit pas ici de chercher un récit comme on chercherait ses clés sous le lampadaire, là où la lumière est plus forte. Le texte d’IDDRI nous propose de quitter cette zone de confort intellectuel. Au delà d’une énième utopie climatique, ou d’une incantation à la rationalité, Il interroge plutôt la matière même de notre contrat social : ses fondations symboliques, ses pactes implicites, ses récits constitutifs. Car si le contrat social est un édifice, les récits en sont les pierres, les poutres, les vitraux. Et aujourd’hui, certains de ces récits sont fissurés, d’autres sont devenus invisibles, et quelques-uns ont été capturés par des architectes populistes.

Chapitre I : Nous sommes des animaux narratifs

Avant même de voter, de consommer ou de travailler (d’être des citoyens), nous racontons. Le récit est une nécessité vitale. Il structure notre rapport au monde, à nous-mêmes, aux autres.
Le document de l’IDDRI reprend cette évidence anthropologique : nous sommes des êtres de narration, bien avant d’être des êtres de raison. Paul Ricoeur, Walter Fisher, Bruner, Czarniawska : les références convoquées démontrent que la narration est un mode de connaissance à part entière, orienté vers le sens, non vers la preuve.

Ce que le texte souligne, c’est que les récits ne sont pas seulement des histoires que l’on se raconte, mais des scripts sociaux qui nous précèdent, nous traversent, nous contraignent parfois. Ils sont véhiculés par les institutions, les médias, les politiques publiques, les pratiques quotidiennes. Ils définissent ce qu’est une vie réussie, un citoyen respectable, un comportement acceptable. Et parce qu’ils sont omniprésents, ils deviennent invisibles. C’est là leur pouvoir.

En vous abonnant, vous pourrez accéder à toutes les archives de la chaîne RSE depuis sa création. Ce sont à date des centaines de synthèses de rapports, d’articles scientifiques, d’articles de presse. Vous avez accès également aux ressources originales, et aux ressources complémentaires proposées.

Votre soutien me permet de nourrir ma veille, payer les outils que j’utilise, et améliorer la qualité des contenus. Merci de m’accompagner et de vous nourrir de mon travail.


En savoir plus sur REPÈRES RSE

Subscribe to get the latest posts sent to your email.