Quand les nuages trahissent les modèles – vers un réchauffement plus brutal que prévu

En quelques mots : synthèse de l’article de Science du 12 juin 2025 « Observed trend in Earth energy imbalance may provide a constraint for low climate sensitivity models »

Vous avez pu lire hier que le réchauffement ne se limiterait plus à 1,5°C après la mise à jour des indicateurs de l’IPCC par les chercheurs. pourtant, ce réchauffement est calculé à partir de modèles que cette nouvelle étude vient aggraver.
Les satellites ont tranché là où les modèles hésitaient encore. En comparant vingt ans de mesures orbitales à des dizaines de simulations climatiques, une nouvelle étude révèle que les scénarios les plus rassurants sur le réchauffement futur ne tiennent plus. Les modèles qui prévoyaient une faible sensibilité du climat aux gaz à effet de serre ne parviennent pas à reproduire la réalité observée. Résultat : la Terre semble réagir plus fortement que prévu aux émissions humaines, et les trajectoires d’émissions compatibles avec les objectifs climatiques se rétrécissent dangereusement. À moins d’un virage radical, le réchauffement du XXIe siècle pourrait être plus brutal que ce que beaucoup espéraient.

Les ressources

🔗 L’article de Science du 12 juin 2025 – Observed trend in Earth energy imbalance may provide a constraint for low climate sensitivity models

🔗 La synthèse proposée par Phys.org Climate models with low sensitivity to greenhouse gases do not align with satellite measurements

Sommaire

Ce que les nuages ne disent pas, les satellites le révèlent

Il y a dans le ciel une part d’ombre. Pas seulement celle des orages ou des traînées d’avion, mais celle, plus insidieuse, des incertitudes que les nuages font peser sur notre avenir climatique. Depuis des décennies, les modèles climatiques s’efforcent de prédire la réponse de la Terre à l’accumulation de gaz à effet de serre. Mais tous ne s’accordent pas sur l’ampleur du réchauffement à venir. Et c’est là que les satellites, ces sentinelles silencieuses en orbite, viennent trancher.

Une étude récemment publiée dans Science, fruit d’une collaboration entre le CICERO, la NASA et l’université de Leeds, jette un pavé dans la mare des modèles dits « peu sensibles ». Ces modèles, qui prévoient un réchauffement modéré en réponse à un doublement du CO₂, ne collent tout simplement pas aux observations satellitaires. Autrement dit, ils sous-estiment la réalité.

Depuis 2001, les instruments du programme CERES scrutent l’équilibre énergétique de la planète. Ils mesurent ce que la Terre absorbe du Soleil et ce qu’elle renvoie dans l’espace. Et ils montrent que la Terre absorbe de plus en plus d’énergie, notamment à cause de la fonte des glaces et de la modification de la couverture nuageuse. En parallèle, elle émet davantage de chaleur, conséquence directe de la hausse des températures de surface. Ce déséquilibre énergétique n’est pas une simple anomalie passagère, mais bien un signal structurel. Et il ne ment pas.

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