CSRD – la France en avance sur la conformité, en retard sur l’intégration stratégique – KPMG

En quelques mots: Le premier millésime de l’ère de la transparence normative imposée par la CSRD et les normes ESRS a été passé au crible par KPMG. Il impressionne par son volume — 145 pages en moyenne — et par la solidité technique du socle posé : double matérialité intégrée dans la gouvernance, climat élevé au rang de pilier stratégique, socle social fiable, conduite des affaires rodée. Mais derrière cette façade robuste, le diagnostic révèle des zones grises préoccupantes : données incomplètes sur certaines normes environnementales, leviers stratégiques du scope 3 et de l’adaptation climatique encore sous-exploités, couverture sociale limitée au périmètre interne, connectivité financière embryonnaire. Le constat est clair : les entreprises Françaisesont su livrer des rapports conformes et denses, mais le prochain rendez-vous ne pourra plus se contenter de la conformité. Il devra prouver que la donnée extra-financière n’est pas un exercice réglementaire uniquement, mais se transforme bien en outil de décision, d’investissement et de transformation stratégique.

La ressource

🔗 CSRD 2025 – Enseignements tirés des publications des grandes entreprises françaises – par KPMG

Sommaire

Un tournant historique du reporting extra-financier

Les grandes entreprises françaises publient pour la première fois leurs états de durabilité conformément à la CSRD et aux normes ESRS, donnant un panorama concret de leurs engagements, mais aussi des aspérités de leur trajectoire durable.

KPMG revendique une approche exhaustive : 54 entreprises issues du CAC 40 et du Next 20, scrutées à travers une grille de plus de 400 critères croisant lecture quantitative et analyse qualitative. L’objectif de cette analyse : dégager les signaux faibles, identifier les convergences et pointer les écarts qui trahissent encore une maturité en construction.

Dès ce premier millésime, quelques lignes de force émergent :
– la double matérialité comme pivot méthodologique ;
– l’intégration des Impacts, Risques et Opportunités (IRO) au cœur des modèles d’affaires ;
– des plans de transition déjà inscrits dans la stratégie ;
– une dynamique d’amélioration continue amorcée.

Analyse de double matérialité

La double matérialité est l’élément le plus abouti du reporting CSRD. 85 % des entreprises décrivent l’intégralité des prérequis et 2/3 intègrent explicitement les parties prenantes à l’exercice, souvent via des mécanismes de consultation détaillés. La gouvernance est mobilisée : 4 entreprises sur 10 obtiennent la validation formelle de leur comité d’audit.

Cette robustesse tient au fait que beaucoup capitalisent sur leurs précédentes DPEF et cartographies de risques. Les normes E1 (Climat), S1 (Effectifs) et G1 (Conduite des affaires) sont systématiquement jugées matérielles — preuve qu’elles recoupent des enjeux structurels, indépendants du secteur.

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