| En quelques mots : Alors que l’Union européenne vacille entre ambition climatique et pression économique, un vent de contestation lucide souffle depuis les entreprises elles-mêmes. Le rapport de WeAreEurope, fruit d’une enquête menée auprès de plus de 1 000 professionnels européens, vient bousculer les idées reçues sur la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Les résultats révèlent un soutien majoritaire à cette directive, perçue non seulement comme un levier de transformation stratégique, mais aussi comme un atout géopolitique pour l’Europe. Pourtant, les critiques sont nombreuses, précises, et souvent constructives. Ce document donne à voir une Europe entrepreneuriale qui ne demande pas moins de régulation, mais mieux. Une Europe qui veut conjuguer durabilité et compétitivité, sans naïveté ni technocratie. |
La ressource
🔗 2025 post-Omnibus CSRD Business Survey – Part 1 – Quantitative study and verbatims – We are Europe
Sommaire
Introduction – Une voix collective face au vent de réforme
Il y a des moments où la technique devient politique. La réforme surprise de la directive CSRD par la Commission européenne, via le paquet « Omnibus », en est un. En contournant les principes de la « Better Regulation » — consultation, évaluation d’impact, transparence — l’exécutif européen a déclenché une onde de choc dans les milieux professionnels. C’est dans ce contexte que WeAreEurope, collectif apolitique de professionnels européens, a lancé une enquête d’ampleur inédite. Objectif : faire entendre la voix des entreprises, non pas comme lobbies défensifs, mais comme actrices lucides de la transition. Le résultat est un document qui interroge la compatibilité entre durabilité et compétitivité, et propose une lecture renouvelée du rôle des entreprises dans la fabrique du droit européen.
Alexis Kryceve, président de WeAreEurope, rappelle que l’Europe ne peut se réduire à un marché commun : elle doit incarner un rêve collectif, fondé sur l’équilibre entre économie, environnement, société et droits humains.
Résultats clés : une adhésion majoritaire, mais exigeante
Premier enseignement de l’enquête : 61 % des répondants se déclarent satisfaits de la CSRD dans sa version actuelle. Ce chiffre traduit une adhésion raisonnée à une directive perçue comme structurante. Même parmi les financiers, traditionnellement prudents, seuls 27 % sont critiques.
Mieux encore, 84 % des professionnels interrogés soutiennent les objectifs de durabilité de l’UE, balayant l’idée d’un rejet culturel de l’ESG en entreprise. Ce chiffre est d’autant plus significatif qu’il contraste avec les débats transatlantiques où l’ESG est parfois perçu comme une menace idéologique.
Autre révélation majeure : Les répondants saluent la transparence, la comparabilité, et l’effet structurant de la CSRD sur la gouvernance d’entreprise. La CSRD est perçue comme un atout géopolitique. 90 % des répondants estiment qu’elle renforce la souveraineté européenne. Elle est perçue comme un standard mondial potentiel, un moteur de l’industrie des données ESG, et un moyen de surveiller les entreprises non européennes.
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