Lutter à coup de récits – une stratégie d’empouvoirement collectif

Mes raisons de lire cette étude: Vous êtes vous déjà demandé pourquoi l’expression « écologie punitive » est tant utilisée? Ce n’est pas tant qu’elle désignerait à la vindicte populaire des coupables de tous les maux de la planète, mais bien qu’elle permet de clôturer le débat. Il n’y a pas d’alternative! Ceux qui rêvent d’une nature renaturée, d’une planète revivifiée, d’un mode de vie moins instrumentalisé, .. sont de doux rêveurs. Il n’y a pas d’autre choix possible, l’écologie en étant qualifiée de punitive empêche de voir ce qu’elle pourrait nous apporter. L’écologie serait un luxe punitif, mais la régulation freinerait aussi la croissance, l’état serait un poids mort dans la course à la compétitivité. Toutes ces affirmations relèvent du récit TINA – There Is No Alternative – et enferment, ferment le débat. Ce texte ne traite pas d’écologie punitive, de dérèglementation, et de déconstruction de l’état, mais bien de notre capacité à construire notre conscience de pouvoir agir. C’est un « empouvoirement » largement illustré.

En quelques mots : Ce que l’on nomme ici TINA – There Is No Alternative – est un récit qui verrouille l’avenir en naturalisant le statu quo, qui dépolitise les choix et nous affirme qu’il n’y a pas d’alternative. C’est bien ce récit que ce rapport veut déconstruire en nous donnant les moyens de résister et reconstruire autre chose. L’étude proposée par Ecotopie en Belgique propose une stratégie de résistance fondée sur l’imaginaire : créer des espaces-laboratoire, des fictions-laboratoire, des récits alternatifs. Elle invite à faire du récit un outil d’émancipation. Face à la sidération, à l’impuissance, à l’individualisation, elle propose de créer des espaces-laboratoire, des lieux de réinvention collective, à pratiquer les labos-fiction, à déconstruire les pièges narratifs.. Elle est une invitation à lutter à coup de « et si… », à rouvrir la fenêtre du pensable, à faire du récit un outil d’émancipation.

La ressource

🔗 Lutter à coup de Et si… – Des espaces-laboratoire pour résister à TINA – par Ecotopie

Sommaire

Le pouvoir des récits (et les récits du pouvoir)

TINA, un récit qui verrouille l’avenir

Les récits structurent notre capacité à agir, ou à rester enchaînés à nos limites. TINA — acronyme de There Is No Alternative — est de ceux qui réduisent l’horizon du pensable à une ligne rigide et étroite, presqu’autoritaire. Nous plongeons ici dans les mécanismes narratifs qui façonnent nos imaginaires politiques, sociaux et écologiques. TINA est un récit structurant, omniprésent, qui colonise nos discours publics et privés, nos politiques, nos médias mais aussi et surtout nos croyances. En plus de nous dire qu’il n’y a pas d’alternative, ce récit efface la possibilité même du choix, en maquillant les décisions politiques en nécessités techniques.

Les récits dominants ne sont pas neutres : ils orientent les débats et définissent les contours de ce qui est acceptable, raisonnable, discutable. En mobilisant la notion de fenêtre d’Overton, les auteurs démontrent que ce qui est pensable dans une société est un construit mouvant, manipulable, et bien entendu manipulé. La répétition, la sidération, l’individualisation et le sentiment d’impuissance sont les armes de TINA. TlNA dépolitiseaffaiblitisole et fige.

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