| En quelques mots : Et si les vagues de chaleur qui tuent, déplacent, ruinent et épuisent n’étaient pas seulement les symptômes d’un climat déréglé, mais les conséquences mesurables d’actes industriels identifiables ? C’est le pari – et la démonstration – de cette étude publiée dans Nature qui franchit un seuil décisif dans la science de l’attribution climatique. En analysant 213 vagues de chaleur extrêmes survenues entre 2000 et 2023, les auteurs établissent que 25 % d’entre elles auraient été virtuellement impossibles sans le changement climatique. Mais surtout, ils remontent la chaîne de causalité jusqu’aux 180 principaux producteurs de combustibles fossiles et de ciment — les « carbon majors » — pour quantifier leur responsabilité directe dans l’intensification et la probabilité de ces événements. Les émissions de ces entreprises sont responsables de plus de la moitié du réchauffement global observé depuis 1850, et ont contribué à environ 50 % de l’augmentation de l’intensité des vagues de chaleur. Même les plus petits émetteurs ont rendu possibles des événements qui, sans eux, n’auraient jamais eu lieu. Le plus grand d’entre eux, l’ex-URSS, a rendu 53 vagues de chaleur au moins 10 000 fois plus probables. Le plus petit, Elgaugol, en a rendu 16 possibles. Et ces responsabilités sont ici quantifiées et affectées aux responsables, événement par événement. Nous disposons donc maintenant d’un outil puissant pour la justice, la régulation et la responsabilité des entreprises. Cela permet de ne pas oublier que chaque tonne de CO₂ est une décision, chaque canicule un symptôme, et chaque émetteur un acteur du drame.. |
Les ressources
🔗 Nature – Systematic attribution of heatwaves to the emissions of carbon majors
Sommaire
Introduction – De la chaleur à la responsabilité : une nouvelle ère de l’attribution climatique
Une science de l’attribution qui franchit un seuil
La science de l’attribution des événements extrêmes au changement climatique a progressé, mais reste souvent cantonnée à des analyses événementielles isolées. Elle échoue encore à remonter jusqu’aux causes anthropiques précises, notamment les émetteurs industriels. Ce travail comble cette double lacune.
En s’appuyant sur une méthodologie du World Weather Attribution (WWA), les auteurs démontrent que le changement climatique a rendu 213 vagues de chaleur historiques (2000–2023) plus probables mais aussi plus intenses. Ils quantifient de plus la part de responsabilité de chacun des 180 principaux producteurs de combustibles fossiles et de ciment, les fameux « carbon majors », dans cette intensification.
Ainsi 25 % des vagues de chaleur étudiées auraient été virtuellement impossibles sans le changement climatique. Et ce changement climatique, lui-même, est en grande partie imputable aux émissions de ces entreprises. Selon les auteurs, les émissions des carbon majors expliquent à elles seules la moitié de l’augmentation de l’intensité des vagues de chaleur depuis l’ère préindustrielle.
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