Mes raisons de lire cet article: vous connaissez tous certainement ces études d’assureurs qui montrent que le monde de demain, avec une le réchauffement n’est pas assurable. Comme cela ne suffit visiblement pas encore à faire bouger les ligne, voici maintenant une étude qui montre que le changement climatique provoque directement une inflation sur l’alimentation. Nous nous en doutions, mais dans ce monde dominé par la nécessité de la preuve (d’autant plus dans un monde de désinformation) il fallait ce travail pour quantifier, irriguer les modèles économiques, et accepter un peu plus la réalité.
| En quelques mots : Et si une part de l’inflation venait du changement climatique ? C’est la thèse du rapport de la Deutsche Bundesbank : les hausses de température estivale à l’échelle mondiale agissent comme des chocs d’offre sur les marchés alimentaires, réduisant les rendements agricoles et propulsant les prix à la hausse. Un été plus chaud de 0,4°C suffit à faire bondir les prix mondiaux des denrées de 10 % en un an. Les céréales – blé, maïs, orge – sont les premières victimes, suivies par certaines huiles végétales. Le phénomène est saisonnier, asymétrique, et géographiquement concentré dans l’hémisphère nord, là où se joue l’essentiel de la production mondiale. Alors que les étés deviennent plus longs, plus chauds, plus extrêmes, cette dépendance est formelle. Le climat, désormais, fait les prix. |
Les ressources
🔗Deutsche Bundesbank -2025-10 – From weather to wallet – Evidence on seasonal temperature shocks and global food prices
🔗Òscar Jordà – American Economic Review – 2005 – Estimation and Inference of Impulse Responses by Local Projections
Sommaire
Le climat, catalyseur des marchés alimentaires
L’étude de la Deutsche Bundesbank, fondée sur une série temporelle de plus de soixante ans (1961–2023), montre que les chocs de température estivale à l’échelle globale ont un effet significatif et durable sur les prix mondiaux des denrées alimentaires, en particulier les céréales et certaines huiles végétales. Un été plus chaud de 0,4°C – comme ceux observés en 2023 et 2024 – entraîne une hausse moyenne de 10 % des prix alimentaires mondiaux dans l’année qui suit. Le choc est donc de grande ampleur. C’est la première fois qu’une telle étude est réalisée au niveau mondial plutôt que local.
Les autres saisons (printemps, automne, hiver) n’ont qu’un impact marginal, voire nul. L’été, moment clé de la photosynthèse et de la fructification, est donc le lieu majeur de cette vulnérabilité. Les auteurs démontrent aussi que ces hausses sont alimentées par une baisse des volumes produits, confirmant la nature strictement « choc de l’offre » du choc climatique. Une baisse de 3 % de la production mondiale de céréales est observée pour un choc de 0,4°C.
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