Synthèse du rapport Toxic Skies – How agribusiness is choking the Amazon de Greenpeance
| En quelques mots : Respirer dans l’Amazonie brésilienne est devenu un acte de résistance. Les incendies agricoles, massivement utilisés pour entretenir et étendre les pâturages, transforment les poumons de la planète en foyers de pollution chronique. À Porto Velho et Lábrea, la concentration de particules fines dépasse celle de Pékin ou Santiago, dans des villes sans industrie. Le feu, illégal mais toléré, est l’instrument d’un modèle agro-industriel qui externalise ses coûts sur les corps, les forêts et les communautés. C’est une véritable crise écologique accompagnée d’une crise sanitaire, sociale et géopolitique. Les enfants suffoquent, le réchauffement s’accélère, les forêts brûlent, et les responsables restent impunis. Greenpeace appelle à une rupture : réguler les chaînes d’approvisionnement, exproprier les terres brûlées illégalement, interdire l’accès aux financements pour les incendiaires, et installer des capteurs de qualité de l’air dans les zones oubliées. La COP30 doit être l’occasion d’agir. |
La ressource
🔗 Greenpeace – 2025-11 – Toxic Skies – How agribusiness is choking the Amazon
Sommaire
Introduction
Un territoire qui suffoque, une gouvernance qui vacille
Alors que les incendies ravagent l’Amazonie à un rythme record, le Brésil ne dispose que d’un réseau de surveillance de la qualité de l’air embryonnaire. À peine 1,7 % des municipalités sont équipées de capteurs, concentrés dans les métropoles du Sud-Est. Dans les zones rurales, indigènes ou pauvres, l’air se dégrade pourtant sans possibilité de témoigner ou alarmer la population.
Greenpeace déploie alors une stratégie de contre-surveillance : des capteurs à bas coût sont installés à Porto Velho (Rondônia) et dans le territoire indigène Caititu (Amazonas), deux points névralgiques de la déforestation. Ces données, croisées avec des observations satellitaires, mettent à jour une contamination atmosphérique d’une ampleur inédite, qui dépasse les seuils sanitaires de l’OMS et rivalise avec les pires mégapoles du globe.
Les incendies ne sont pas des phénomènes naturels : ils sont allumés, planifiés, souvent illégaux. Ils servent à achever la déforestation, à entretenir les pâturages, à repousser la frontière agricole. Et ce feu, qui consume la forêt, libère dans l’air une chimie létale : particules fines, benzène, ozone, suie noire. De quoi laisser une population suffoquer. Et tout cela reste largement impuni.
le feu comme outil de conquête
L’Amazonie est un écosystème non-adapté au feu. Contrairement aux forêts boréales ou aux savanes, elle ne se régénère pas par la combustion. Chaque incendie est une perte de résilience et accélère le dérèglement climatique. Et pourtant, le feu est devenu l’instrument central de l’agrobusiness brésilien, notamment pour l’élevage bovin. La criminalité environnementale est systémique dans ces contrées. Les terres publiques et indigènes sont saisies, les forêts primaires brûlées, puis converties en pâturages. Les lois contre le feu existent pourtant bien, mais elles ne protègent pas réellement.
les témoignages comme contre-pouvoir
Le chef Zé Bajaga Apurinã, dans un témoignage poignant, résume l’absurdité du système de compensation climatique : « Que vaut une compensation pour ce qui est déjà mort ? » Il appelle à un respect radical de la Terre, à une rupture avec la logique extractiviste. De même, l’artiste Alane Dias dénonce la proximité obscène entre les corporations et les peuples indigènes, entre la terre brûlée et la terre sacrée. Ces voix sont la conscience du rapport. Elles incarnent une écologie vécue au quotidien et une résistance enracinée dans les terres locales.
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