| En quelques mots : Synthèse du rapport d’EurasiaGroup publié en janvier 2026 Top Risks 2026. 2026 est un point de bascule historique. Top Risks 2026 par EurasiaGroup dresse le constat d’un système international en perdition, saboté de l’intérieur par son architecte historique : les États-Unis. Entre une Amérique en « révolution politique » imprévisible, une Chine piégée dans la déflation et une Europe tétanisée, le vide de pouvoir laisse le champ libre aux prédateurs. L’eau devient une arme, l’IA une drogue sociale, et l’économie un champ de mines politique. Nous entrons dans une ère d’entropie géopolitique où les États-Unis deviennent la source principale de l’instabilité mondiale, forçant chaque acteur – États, entreprises, institutions – à une urgence adaptative radicale. |
Les ressources
🔗Eurasia group – 2026-01 – Top Risks 2026
Pour compléter sur la révolution électrique
🔗Ember Energy – 2025-09 – The Electrotech Revolution
🔗Allianz – 2025-10 – The electro-state era – From Made in China to Powered, Designed and Financed by China – et la synthèse publiée sur ce blog Révolution électrotech – comment l’énergie solaire tue le pétrole plus vite que prévu – Ember
Sommaire
Les 10 risques en diaporama
Introduction : Le point de bascule géopolitique
Le paradoxe de l’année 2026 , c’est que l’incertitude géopolitique ne découle pas d’un affrontement imminent entre les deux superpuissances, les États-Unis et la Chine. Ce risque est qualifié par les auteurs du rapport de fausse piste, de leurre (« hareng rouge »). Il n’y a pas de Guerre Froide 2.0 prête à exploser, ni d’escalade fatale orchestrée par Pékin. La véritable tectonique des plaques se situe ailleurs. Pour la première fois de notre vivant, nous assistons à une « révolution politique » au cœur même de la superpuissance américaine. Nous avons face à nous une Amérique qui déconstruit son propre ordre.
Cette instabilité endogène crée un vide vertigineux. Ian Bremmer et Cliff Kupchan décrivent un monde en proie à 60 conflits actifs – un record depuis la Seconde Guerre mondiale – où gouvernance, alignement ou coordination mondiale sont inexistants, y compris face au boom existentiel de l’intelligence artificielle. La réponse des autres nations à cette Amérique devenue « imprévisible et non fiable » est purement darwinienne : la Chine, l’Inde et les pays du Golfe tirent leur épingle du jeu, tandis que l’Europe, encerclée et lente, semble condamnée à l’échec stratégique. Pour le reste du monde, du Mexique au « Sud Global », l’heure est au bricolage diplomatique (muddle through) pour survivre à cette nouvelle donne.
Risque #1 : La Révolution Politique Américaine
L’institutionnalisation du chaos.
Ce qui n’était l’an dernier qu’une mise en garde contre le « règne de Don » (Rule of Don) s’est métamorphosé en une transformation systémique. Si les entorses aux normes ou les coups d’éclat partisans sont systématiques, il s’agit cependant pour Donald Trump d’une tentative délibérée et structurelle de démanteler les contre-pouvoirs. Le rapport est formel : Trump ne voit pas son projet comme une attaque contre la démocratie, mais comme une « restauration » ou purge nécessaire d’un establishment corrompu. Et c’est là le point fondamental : avec 77 millions d’électeurs en 2024, le « Trumpisme » et son diagnostic n’est pas une anomalie, c’est une demande structurelle d’un électorat qui préférait le risque du chaos à la certitude du déclin.
La mécanique de la purge et la fin de la neutralité.
L’année 2025 a vu la politisation éclair de l’appareil d’État. Les ministères régaliens (Justice, FBI) ont perdu leur insularité post-Watergate pour devenir des extensions politiques de la Maison Blanche. Le rapport présente un outil d’analyse, le « Governance Tracker », qui classe les actions sur deux axes: l’érosion des contre-pouvoirs, et l’érosion des normes. Sur cet outil, les actions de l’administration sont placées dans le quadrant le plus dangereux : celui qui combine une rupture radicale des normes avec une érosion profonde des freins institutionnels. La fonction publique est épurée non pas sur le critère de la compétence, mais sur celui de la loyauté ; les inspecteurs généraux sont limogés ; la machine gouvernementale est « armée » (weaponized) contre les ennemis intérieurs.
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