Migrations internes aux pays – conflits et climat déplacent toujours plus de populations – Bilan 2024 par le GRID

En quelques mots : Synthèse du rapport GRID de IDMC – Global Report on Internal Displacement.
Avec 83,4 millions de personnes piégées dans l’exil intérieur – le double d’il y a dix ans -, ce rapport de IDMC, GRID 2025, révèle une mutation tectonique : le déplacement est passé d’une anomalie transitoire à gérer à une condition structurelle de notre époque. Sous l’effet conjugué d’une violence armée qui s’éternise et d’un dérèglement climatique qui redessine la carte de l’habitabilité, nous assistons à la sédimentation des vulnérabilités. Le « modèle pansement » de l’aide humanitaire est en faillite technique et financière. Nous sommes désormais face à un choix binaire : intégrer radicalement le déplacement dans les politiques de développement et de climat, ou accepter que l’exil perpétuel devienne l’horizon indépassable d’une part croissante de l’humanité.

La ressource

🔗IDMC – 2025-05 – GRID (Global Report on Internal Displacement) – Rapport mondial sur le déplacement interne

Sommaire

I. Résumé exécutif : l’engrenage de la vulnérabilité

La permanence du provisoire
L’année 2024 marque un point de bascule où le nombre de personnes vivant en situation de déplacement interne a doublé en une décennie, atteignant le chiffre accablant de 83,4 millions. C’est l’indicateur d’une incapacité collective à résoudre les conflits anciens et à prévenir les nouveaux. Nous assistons à une sédimentation des crises : les nouveaux déplacés s’ajoutent à ceux qui vivent dans l’incertitude depuis des années, voire des décennies, piégés par le manque de soutien politique et financier pour reconstruire leur vie.

La convergence des périls : conflits et climat
La dualité est destructrice. D’un côté, la violence armée continue de dicter sa loi, jetant sur les routes 73,5 millions de personnes, un record absolu. De l’autre, les catastrophes — souvent exacerbées par le dérèglement climatique — maintiennent près de 10 millions de personnes loin de chez elles. Mais c’est l’interaction de ces facteurs qui inquiète : pauvreté, inégalités et instabilité politique forment un terreau sur lequel le changement climatique agit comme un multiplicateur de menaces, forçant les populations les plus vulnérables à des fuites répétées.

L’angle mort de l’attention mondiale
Dans une critique implicite de notre économie de l’attention, le rapport souligne des disparités flagrantes. Si Gaza a vu la quasi-totalité de sa population déplacée, souvent à de multiples reprises, le Soudan est une tragédie silencieuse avec 11,6 millions de déplacés, la crise la plus massive et pourtant l’une des plus négligées au monde. La gravité humanitaire ne dicte malheureusement pas l’agenda politique international.

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