Solaire, batteries, souveraineté, l’irréversibilité de la transition électrique – par Ember

Synthèse de rapport d’Ember Energy – 2026-04 – Global Electricity Review 2026

En quelques mots

En 2025, pour la première fois depuis un siècle, les renouvelables ont dépassé le charbon dans le mix électrique mondial. Pour la première fois hors récession, les fossiles n’ont pas progressé. Et pour la première fois simultanément, la Chine et l’Inde – 42% de la génération charbonnière mondiale – ont vu leur production fossile reculer. C’est une bascule structurelle: le solaire associé aux batteries est désormais moins cher qu’une centrale à gaz neuve dans la majorité des marchés mondiaux. La transition a franchi le seuil de la compétitivité brute — indépendamment de toute politique climatique.

En 2026, un second choc fossile – la guerre américano-israélienne avec l’Iran, après l’invasion ukrainienne de 2022 – a de nouveau exposé la vulnérabilité systémique d’une économie mondiale adossée à des marchés de combustibles volatils et géopolitiquement instables. Trois quarts de la population mondiale vivent dans des pays importateurs nets de fossiles. Les choix faits maintenant définiront le niveau d’exposition à la prochaine crise. La transition est devenue question de survie économique nationale.

L’Australie et le Chili démontrent qu’on peut déjà déplacer plus de 50% de la nouvelle génération solaire vers des heures non-solaires grâce aux batteries – dont le coût a chuté de 45% en un an, à 70 $/kWh. Le Pakistan, qui n’est pas une économie avancée, devrait économiser plus de 6 milliards de dollars en importations de gaz en 2026 grâce à son boom solaire. La compétitivité n’est plus du côté du fossile.

La ressource

🔗 Ember Energy – 2026-04 – Global Electricity Review 2026

Sommaire

Chapitre 1 — « 2025 en revue : la bascule que personne n’attendait si tôt »

En 2025, la génération d’électricité fossile mondiale a reculé de 38 TWh, soit -0,2%. Le chiffre paraît modeste. Il est historique. C’est seulement la cinquième fois depuis le début du siècle que les fossiles n’ont pas progressé – et la première fois que cela se produit hors récession mondiale ou pandémie, dans un contexte de croissance économique de 3,2% selon le FMI. La rupture n’est cependant pas conjoncturelle, mais bien structurelle.

Le moteur de cette bascule est l’énergie solaire, et son échelle dépasse ce que les modèles anticipaient. La génération solaire mondiale a bondi de 636 TWh en 2025 – +30% sur un an, meilleure progression en huit ans malgré une base désormais gigantesque – pour atteindre 2 778 TWh. À ce niveau, la production solaire mondiale équivaut à la demande totale de l’Union européenne. Ce seul bond de 2025 aurait suffi à déplacer l’équivalent de toutes les exportations de GNL transitant par le détroit d’Ormuz cette année-là. Le solaire a ainsi couvert 75% de la croissance nette de la demande électrique mondiale (+849 TWh). Ajoutez l’éolien (+205 TWh), et les deux sources ensemble ont absorbé 99% de la croissance. Il n’est pas resté d’espace pour les fossiles.

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