Livre blanc IA et CSRD – par Avisia

Préface

Manuel Chataïn, responsable RSE dans le secteur du retail et des industries alimentaires, introduit le rapport en soulignant l’importance de la Directive sur le Reporting de Durabilité des Entreprises (CSRD). Il compare cette directive à un puzzle complexe nécessitant une gestion rigoureuse des données pour se conformer aux nouvelles exigences réglementaires. Manuel Chataïn met en avant l’intelligence artificielle (IA) comme un outil précieux pour aider les entreprises à naviguer dans ce dédale de normes et d’indicateurs, facilitant ainsi la collecte, l’analyse et le reporting des données ESG. Il encourage les lecteurs à plonger dans ce guide pratique pour transformer les obligations réglementaires en opportunités de croissance durable et responsable.

Préambule

Le préambule pose le contexte de la CSRD, une avancée significative dans le cadre réglementaire européen visant à renforcer la transparence et la responsabilité des entreprises en matière de durabilité. La directive impose des exigences strictes en matière de reporting ESG, nécessitant des données précises, complètes et fiables. Cependant, cette transition présente des défis considérables pour les entreprises, notamment en termes de collecte, de gestion et d’analyse des données. Le rapport explore ces défis et propose des solutions pratiques pour aider les entreprises à se conformer à la CSRD, tout en saisissant les opportunités d’amélioration de leur performance globale et de leur réputation.

Introduction à la CSRD

Contexte et objectifs

Depuis le 1er janvier 2024, la réglementation européenne CSRD est entrée en vigueur, remplaçant l’ancienne norme de reporting climat européenne, la NFRD. Intégrée au Pacte vert, la CSRD vise à améliorer la transparence et la cohérence des rapports sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) des entreprises. Les entreprises concernées doivent publier des informations détaillées sur leurs impacts et performances durables de l’année précédente, ce qui nécessite la mise en place de systèmes robustes de collecte et de reporting des données ESG. La mise en application de la CSRD est progressive, s’appliquant d’abord aux grandes entreprises en janvier 2025, puis aux PME cotées en janvier 2026.

Différences avec la NFRD

La CSRD élargit considérablement le champ d’application de la NFRD, passant de 11 000 à environ 50 000 entreprises concernées. Elle impose des exigences de reporting plus détaillées, incluant des informations sur la chaîne de valeur et des indicateurs de performance. La CSRD introduit également une exigence d’audit externe obligatoire et un format numérique pour les rapports de durabilité, utilisant le European Single Electronic Format (ESEF) et le balisage XBRL.

Concept de double matérialité

La CSRD repose sur le principe de double matérialité, qui évalue à la fois la matérialité financière et la matérialité d’impact. La matérialité financière examine comment les questions de durabilité influencent la performance financière de l’entreprise, tandis que la matérialité d’impact évalue comment les activités de l’entreprise affectent l’environnement et la société. Par exemple, une entreprise comme EcoWidgets doit évaluer comment les enjeux environnementaux et sociaux influencent sa performance financière et comment ses activités impactent l’environnement et la société.

Importance et enjeux globaux

La CSRD marque une évolution majeure dans la manière dont les entreprises doivent communiquer leurs performances en matière de durabilité. Elle impose des exigences renforcées, des rapports harmonisés et comparables, une transparence accrue et accélère la transition vers une économie durable. Selon une étude du C3D, 70 % des répondants estiment que la CSRD accélérera la transformation des entreprises, notamment par la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la promotion de la diversité.

La CSRD au sein des équipes data

Déroulement d’un projet CSRD

La mise en œuvre de la CSRD au sein des entreprises se déroule en plusieurs phases clés, allant de la planification initiale à la publication des rapports de durabilité. La première étape consiste à constituer une équipe projet multidisciplinaire, incluant des représentants des départements de la durabilité, des finances, de la conformité, des ressources humaines et de la data. L’équipe doit analyser en profondeur les exigences réglementaires de la CSRD, réaliser une analyse de la double matérialité et identifier, collecter et centraliser les données nécessaires. Les rapports de durabilité doivent être publiés en ligne et soumis à un audit externe pour vérifier la véracité et l’exactitude des informations présentées.

Intégration des équipes data

Pour se conformer aux nouvelles exigences de la CSRD, il est primordial que les équipes RSE collaborent étroitement avec les équipes data. Cette synergie est essentielle pour garantir un reporting ESG rigoureux, précis et aligné avec les attentes des régulateurs. Les équipes data apportent leur expertise technique pour structurer, centraliser et rendre exploitables les données demandées, tout en assurant la fiabilité et la cohérence des informations communiquées. L’automatisation des processus de collecte et d’analyse des données ESG permet de mettre à jour les données plus fréquemment, garantissant ainsi un suivi en temps réel des performances et une meilleure réactivité aux exigences de la CSRD.

Acculturation des équipes avec un chatbot

L’acculturation des équipes à la CSRD est essentielle pour assurer une compréhension homogène des nouvelles obligations réglementaires et intégrer les principes ESG dans les processus quotidiens de l’entreprise. Les chatbots conversationnels, alimentés par l’IA générative, offrent une solution innovante pour faciliter cette acculturation. Ces chatbots peuvent répondre de manière instantanée et précise aux questions des employés, offrant un support continu et accessible. Ils peuvent fournir des informations actualisées, des exemples concrets et des bonnes pratiques, aidant ainsi les équipes à rester conformes et à intégrer les principes de durabilité dans leurs activités quotidiennes.

Gouvernance et audit de la donnée

La CSRD exige que les rapports de durabilité soient audités par des tiers indépendants. Les auditeurs externes vérifient la conformité des données avec les exigences de la directive et la fiabilité des informations fournies. L’intégration de la gouvernance et de l’audit de la donnée est donc cruciale pour garantir la qualité, la transparence et la fiabilité du rapport de durabilité. Les entreprises doivent établir des processus internes pour vérifier l’exactitude et la fiabilité des données avant leur soumission aux auditeurs, et conserver une documentation détaillée des processus de gestion des données.

Les défis de la collecte de données

Identifier les données

La CSRD prévoit jusqu’à 1200 data points, mais seule l’analyse de double matérialité permettra de définir la liste exacte des éléments à fournir. Les standards de reporting de durabilité (ESRS) définissent les indicateurs à fournir et sont répartis en 12 catégories autour de 3 thématiques : Environnement, Social et Gouvernance. La diversité des thématiques engendre la dispersion des données à travers différents départements et systèmes au sein de l’entreprise. Pour surmonter ce défi, les entreprises doivent entreprendre une cartographie exhaustive de leurs sources de données internes.

Centralisation des données

Une fois les données identifiées, le second challenge est de centraliser toutes ces informations afin de pouvoir automatiser la récupération, croiser et analyser les données facilement. Les entreprises doivent se doter de systèmes de gestion de données capables de normaliser et d’intégrer des informations provenant de sources variées. La récupération automatisée des données permet un gain de temps et de fiabilité important. En plus de la gestion des données tabulaires classiques, il va se poser également la question du stockage des données documentaires.

Calcul des indicateurs

L’objectif de la collecte de données est de produire des mesures fiables qui reflètent les performances ESG de l’entreprise. Ces mesures doivent être alignées avec les exigences de la directive CSRD, en intégrant les impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance. Les équipes data et RSE doivent collaborer pour établir des règles de calcul claires, propres à chaque indicateur, et s’assurer de leur pertinence et de leur conformité. Il est conseillé d’adopter des standards de reporting reconnus et de documenter les règles de calcul de manière transparente.

Qualité des données

Pour garantir une haute qualité des données, les entreprises doivent mettre en place des processus d’assurance qualité rigoureux pour vérifier l’exactitude et la cohérence des données collectées. Cela inclut la validation des sources de données, la traçabilité des transformations opérées, le renforcement des documentations, la mise en place de contrôles de cohérence et l’implication des parties prenantes internes et externes. Une bonne gouvernance des données, avec des politiques et procédures claires, est indispensable pour assurer la qualité des données ESG.

Systèmes et outils : Approche interne vs outils sur étagère

Pour répondre aux exigences de la CSRD, les entreprises peuvent choisir entre le développement interne d’un outil ou l’utilisation d’un outil SaaS prêt à l’emploi. Le développement interne offre une personnalisation et une indépendance accrues, mais à un coût initial et en temps plus élevés. En revanche, un outil SaaS permet une mise en œuvre rapide et un support continu, mais avec des limitations en termes de coût de licence, de personnalisation et d’évolution. Le choix entre ces deux approches dépend des priorités et des capacités de l’entreprise.

L’IA générative au service des data points narratifs

Rédiger automatiquement les réponses

Plus de 60 % des data points demandés par la CSRD attendent des réponses rédigées afin de présenter les actions, stratégies et engagements des entreprises vis-à-vis du développement durable. L’IA générative intervient comme un levier stratégique pour automatiser et optimiser ce processus. Capable de sélectionner en un temps record l’ensemble des éléments de réponse dans les documents fournis et de générer une synthèse, l’IA générative peut aider les entreprises à répondre aux exigences réglementaires bien plus rapidement, tout en assurant une personnalisation adaptée aux spécificités de chaque entreprise.

Qualité et fiabilité des réponses

Pour garantir une rédaction conforme aux attentes de la CSRD, la qualité des réponses générées reste un facteur essentiel. Il est important de mettre l’accent sur le prétraitement des données d’entrée, la formulation précise des questions et l’évaluation des réponses générées. Des mesures techniques, comme celles proposées par le framework RAGAs, permettent d’évaluer la qualité des réponses produites selon plusieurs critères, notamment la fidélité et la pertinence de la réponse. Malgré ces contrôles automatisés, une relecture humaine demeure indispensable pour garantir que chaque élément respecte les exigences de la CSRD et les normes de précision et de rigueur nécessaires.

Gains et limites

L’utilisation des outils d’IA générative offre des opportunités significatives pour optimiser la production de rapports, mais comporte également des limites. Les gains incluent un gain de temps, une réduction des coûts et des ressources, une adaptabilité aux évolutions réglementaires et un renforcement de la transparence. Cependant, les limites incluent la nécessité de vérification et d’ajustement humains, la sécurisation des données et du LLM, et le manque de recul dans les réponses générées.

Coûts

Les dépenses associées à l’usage des outils basés sur l’IA générative se regroupent en trois catégories : le stockage des données, l’usage d’un LLM et l’hébergement de l’interface applicative. Les coûts de stockage varient selon la quantité et le type de données, avec des solutions comme le stockage cloud offrant flexibilité et coûts évolutifs. L’usage d’un LLM peut se faire de manière auto-hébergée ou via un service tiers par API, avec des coûts réduits pour l’intégration. L’hébergement sur site engendre des coûts élevés pour le matériel, l’énergie et la gestion de la montée en charge, tandis que l’hébergement cloud est plus flexible avec une tarification à la consommation.

Conclusion

La CSRD impose aux entreprises un nouveau défi : rendre compte de leur impact sociétal et environnemental de manière transparente et exhaustive. Pour y parvenir, la donnée s’impose comme un élément incontournable. Tout au long de ce livre blanc, nous avons exploré les différentes facettes de l’intégration de la data dans la mise en œuvre de la CSRD. Nous avons vu comment les équipes data peuvent jouer un rôle essentiel dans la collecte, le traitement et l’analyse des données ESG, en étroite collaboration avec les autres services de l’entreprise. Les défis sont nombreux : la cartographie des données, leur dispersion, la complexité de gestion des différents formats, les calculs d’indicateurs et la nécessité de garantir leur qualité. Cependant, les équipes data, fortes de leur expertise sur le sujet, pourront relever ces défis mais également y voir de nombreuses opportunités. L’IA générative, par exemple, offre de nouvelles perspectives pour automatiser la production de rapports et rendre la data plus accessible.

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