| Le rapport du HCE – Haut Conseil à l’Égalité de 2025 révèle une société française profondément polarisée sur les enjeux d’égalité entre les sexes, où les médias et les représentations politiques amplifient les discours sexistes. Le procès de Mazan, emblématique des violences faites aux femmes, a mis en lumière la culture du viol et la banalisation des agressions sexistes. Les violences sexistes et sexuelles sont en hausse, tandis que les inégalités économiques persistent, notamment dans la répartition des tâches parentales et les écarts salariaux. La culture populaire, à travers la littérature jeunesse et le sport, perpétue des stéréotypes de genre. Face à ces constats, les attentes des Français·es envers les pouvoirs publics sont fortes, mais l’insatisfaction quant aux actions menées est palpable. Le rapport appelle à des mesures concrètes et ambitieuses pour lutter contre le sexisme et promouvoir une société plus égalitaire. |
L’État du sexisme en France en 2025
Le rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) sur l’état du sexisme en France en 2025 dresse le tableau de la situation actuelle du sexisme en France. À travers une analyse détaillée des médias, des représentations politiques et sociales, ainsi que des violences sexistes et sexuelles, il montre les défis persistants et les avancées fragiles dans la lutte contre le sexisme.
Une société polarisée sur les enjeux d’égalité
Le rapport commence par souligner une polarisation croissante des opinions sur les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes. Cette polarisation se manifeste de manière particulièrement marquée dans les médias, où les discours sexistes et masculinistes gagnent en visibilité. Les médias, souvent considérés comme de simples « opinions », contribuent à une libération de la parole sexiste, renforçant ainsi les clivages existants.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 5 et 20 points d’écart de perception entre les hommes et les femmes sur divers sujets, allant de la vie de famille à la politique. Cette divergence de perception est particulièrement flagrante dans les médias, où les femmes sont sous-représentées et souvent victimes de stéréotypes et de désinformation. Le rapport cite des exemples concrets, comme les propos sexistes tenus sur des chaînes d’information et les campagnes de désinformation qui banalisent les violences sexistes et sexuelles.
Le procès de Mazan : Un miroir des oppositions autour des violences Faites aux femmes
Le procès de Mazan, qui a eu lieu en 2024, est emblématique des oppositions autour des violences faites aux femmes en France. Ce procès, qui a vu plus de 50 hommes accusés de viols aggravés sur une seule femme, Gisèle Pélicot, a mis en lumière la culture du viol et la banalisation des violences sexistes et sexuelles. La levée du huis clos et la médiatisation du procès ont permis une prise de conscience collective, rappelant le procès d’Aix-en-Provence de 1978, où l’avocate Gisèle Halimi avait lutté pour faire reconnaître le viol comme un crime.
Le procès de Mazan a également soulevé des questions sur le rôle des hommes dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Le hashtag #NotAllMen, utilisé pour défendre les hommes des accusations de violences, illustre un processus de déresponsabilisation des auteurs. Cependant, le procès a aussi vu émerger des alliés masculins, conscients de la nécessité de remettre en question la culture du viol et de s’engager activement dans la lutte contre le sexisme.
Des violences sexistes et sexuelles en hausse
Le Baromètre Sexisme révèle une hausse des violences sexistes et sexuelles déclarées. En 2023, les services de sécurité ont enregistré 271 000 victimes de violences conjugales, soit une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente. Cependant, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, car ils reflètent également une libération de la parole et une meilleure prise en charge des victimes par les services de police et de gendarmerie.
Le rapport met en évidence la précarité des femmes victimes de violences, qui sont souvent enfermées dans une spirale de dépendance financière. Les conjoints violents utilisent cette précarité pour contrôler les finances du couple, rendant encore plus difficile pour les femmes de fuir le domicile et de déposer plainte.
Des inégalités économiques persistantes
Les inégalités économiques entre les femmes et les hommes demeurent un enjeu majeur. Le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 23,5 % à celui des hommes dans le secteur privé. Cette disparité s’explique en grande partie par la répartition genrée des professions et du temps de travail. Les femmes sont surreprésentées dans les emplois à temps partiel et sous-représentées dans les postes les plus rémunérateurs.
Le poids inégal de la parentalité pèse davantage sur les femmes. Les mères salariées du secteur privé subissent une perte salariale d’environ 20 % cinq ans après une naissance, contre 40 % pour les bas salaires. Les ajustements professionnels après l’arrivée d’un enfant sont 10 fois plus importants pour les mères que pour les pères.
La culture populaire : Un miroir des stéréotypes de genre
La littérature jeunesse et le sport sont des domaines où les stéréotypes de genre persistent. Les livres pour enfants véhiculent encore largement des stéréotypes sexistes, confinant les femmes et les filles à la sphère privée et à des rôles passifs. Les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024 ont également été un terrain d’expression du sexisme, avec une parité en trompe-l’œil et une binarité de genre survalorisée.
Les médias sportifs ne sont pas en reste, avec une sous-représentation des femmes et un traitement différencié des athlètes féminines. Les journalistes sportifs, majoritairement des hommes, contribuent à perpétuer une culture patriarcale et paternaliste autour de la présence des femmes dans le sport.
Des attentes fortes face à des actions jugées insuffisantes
Les attentes des Français·es envers les pouvoirs publics sont fortes. Plus de 3 Français sur 4 estiment que la prévention et la lutte contre le sexisme devraient être des sujets prioritaires. Cependant, moins d’un tiers des Français (et un quart des femmes) estiment que les pouvoirs publics font ce qu’il faut pour lutter contre le sexisme.
Le rapport du HCE appelle à des actions concrètes et ambitieuses et souligne la nécessité de renforcer les lois et les sanctions existantes, d’améliorer l’application des législations et de soutenir les associations spécialisées dans la lutte contre le sexisme.
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