La manipulation de la gestion d’eau par les lobbies agricoles – par Greenpeace

Le rapport « Démocratie à sec » de Greenpeace dévoile les stratégies des lobbies agricoles pour manipuler la gestion de l’eau en France, avec la complicité de l’État. Il suggère une transition agro-écologique urgente pour préserver les ressources en eau et les milieux aquatiques.

Introduction

Le rapport « Démocratie à sec » de Greenpeace, publié en février 2025, explore la manière dont les lobbies agricoles influencent la gestion de l’eau en France, avec la complicité de l’État. Ce travail expose les stratégies employées par ces groupes pour maintenir un modèle agricole intensif, souvent au détriment de l’environnement et des ressources en eau. À travers une analyse des politiques de l’eau et des instances de gouvernance locale, le rapport démontre comment les intérêts économiques priment souvent sur les impératifs écologiques, compromettant ainsi la transition agro-écologique nécessaire.

Préambule et Contexte

Le rapport commence par souligner les changements récents dans les élections des chambres d’agriculture, qui n’ont pas été pris en compte dans l’analyse. Il définit ensuite les termes clés utilisés, tels que les représentants agricoles, de l’agro-industrie, et ceux ayant des intérêts privés agricoles. Ces définitions sont essentielles pour comprendre les dynamiques de pouvoir et d’influence décrites dans le rapport.

Introduction et Témoignage

L’introduction pose le cadre du rapport en rappelant l’importance de l’eau dans une société confrontée aux aléas climatiques. Elle critique les solutions palliatives, comme le stockage de l’eau, qui ne répondent pas aux causes profondes de la crise de l’eau. Le témoignage de Vincent Bretagnolle, écologue au CNRS, illustre le remplacement de la biodiversité par des solutions technologiques en agriculture, soulignant l’urgence de remettre la biodiversité au cœur de la production alimentaire.

Partie 1 : Une gestion de l’eau « à la française »

Cette section retrace l’évolution des politiques de l’eau en France, de la loi de 1964 à la directive-cadre européenne sur l’eau de 2000. Elle explique la création des Agences de l’eau et des comités de bassin, qui sont censés représenter toutes les parties prenantes. Cependant, le rapport montre que ces instances sont souvent dominées par les intérêts économiques, notamment ceux de l’agro-industrie.

Le rapport examine le rôle des comités de bassin et des commissions locales de l’eau (CLE). Ces instances, bien que conçues pour être pluralistes, sont souvent influencées par les lobbies agricoles. Les comités de bassin, par exemple, sont composés de représentants des collectivités, des usagers économiques et non économiques, et de l’État. Cependant, la surreprésentation des intérêts agricoles y est frappante.

Les préfets jouent un rôle fondamental dans la gestion de l’eau, notamment en approuvant les schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) et en délivrant les autorisations de prélèvement. Le rapport critique leur complicité avec les lobbies agricoles, qui permet de maintenir des pratiques agricoles intensives.

Partie 2 : Comment les lobbies agricoles manipulent la gestion de l’eau

Le rapport se penche sur l’influence de l’agro-industrie au sein des comités de bassin et des conseils d’administration des Agences de l’eau. Les lobbies agricoles utilisent diverses stratégies pour maintenir leur influence, y compris des recours juridiques contre les SDAGE trop ambitieux et des pressions pour affaiblir la pluralité des instances de gouvernance.

Les CLE (commissions locales de l’eau) sont au cœur des conflits d’usage de l’eau. Le rapport analyse deux CLE emblématiques : celle de la Boutonne et celle du Clain. Ces commissions sont souvent le théâtre de batailles entre les défenseurs de l’environnement et les représentants de l’agriculture intensive, qui cherchent à maintenir leurs volumes historiques de prélèvements.

La définition des volumes prélevables est un enjeu majeur. Les lobbies agricoles contestent souvent les études scientifiques qui recommandent des réductions de prélèvements, en utilisant des arguments anti-science et en jouant la montre pour éviter toute échéance réglementaire.

Partie 3 : Comment l’État se rend complice des manigances des lobbies agricoles

Les préfets, en approuvant des volumes prélevables excessifs et en délivrant des autorisations de prélèvement, sont complices des lobbies agricoles. Le rapport montre comment cette complicité permet de maintenir un modèle agricole intensif, au détriment des milieux aquatiques.

Les services de l’État sont souvent empêchés de remplir leur mission de protection de l’environnement. Le rapport cite des exemples où les préfets délivrent des dérogations pour les activités économiques, au détriment de l’environnement.

Au sommet de l’État, la politique est souvent alignée avec les intérêts des lobbies agricoles. Le rapport critique cette politique jusqu’au-boutiste, qui favorise l’irrigation intensive et le stockage de l’eau, sans répondre aux causes profondes de la crise de l’eau.

Conclusion et Recommandations

Le rapport conclut en soulignant l’urgence de la transition agro-écologique. Il propose des recommandations pour réformer la gouvernance de l’eau et pour réduire l’influence des lobbies agricoles. Il appelle à une gestion plus équilibrée et durable de l’eau, qui prend en compte les impératifs écologiques et les besoins de tous les usagers.

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