| Ce rapport préliminaire analyse le reporting ESRS de 50 sociétés européennes publiés entre janvier et février 2025. Les premières recommandations et conclusions, si elles ne sont pas définitives et représentatives, sont des réflexions préliminaires fondées sur l’expérience de KPMG. |
Méthodologie et Portée
L’analyse repose sur les déclarations de durabilité de 50 entreprises basées dans l’Espace Économique Européen, avec une diversité sectorielle et géographique. La méthodologie inclut des observations des spécialistes de KPMG, fournissant des services de conseil et d’assurance liés à l’ESRS. Les résultats, bien que non représentatifs, offrent des réflexions précoces alignées avec les propositions de l’Omnibus de la Commission Européenne.
Diversité dans le Nombre d’IROs
L’identification des IROs (Impacts, Risques et Opportunités) matériels est essentielle pour le reporting ESRS. L’analyse révèle une grande variabilité dans le nombre d’IROs rapportés, allant de 9 à 93, centrées sur une moyenne à 32 IROs. Cette diversité montre les défis rencontrés par les entreprises dans l’application du principe de double matérialité, combinant impact matériel et matérialité financière. La Commission Européenne prévoit de fournir des instructions plus claires à ce sujet.

Maturité Accrue dans le Reporting Climatique
Les entreprises montrent une maturité plus élevée dans le reporting climatique, avec une familiarité accrue avec les recommandations du GHG Protocol et du TCFD. 62 % des entreprises ont un objectif net-zéro, principalement aligné avec les cadres SBTi, et 86 % ont réalisé une analyse de scénarios couvrant les risques physiques et de transition. Cependant, une entreprise a affirmé que le changement climatique n’était pas un sujet matériel, soulignant les disparités dans les priorités de reporting.
Concentration des IROs dans Cinq Thèmes
La majorité des IROs se concentrent sur cinq thèmes principaux : travail, gouvernance, utilisation des ressources et économie circulaire. 7 % des IROs sont spécifiques à l’entité, indiquant une complexité dans le processus de cartographie. Les disclosures manquent parfois de spécificité concernant la chaîne de valeur et les horizons temporels, nécessitant des améliorations futures.

Engagement des Parties Prenantes
Un engagement personnalisé des parties prenantes s’est avéré bénéfique, particulièrement via des contacts directs permettant d’expliquer le contexte. Les méthodes passives, comme les questionnaires, étaient moins efficaces. Les entreprises ayant un processus d’engagement mature ont trouvé cela particulièrement utile pour identifier et déterminer les IROs matériels.
Prédominance des Impacts sur les Risques et Opportunités
Les entreprises ont généralement rapporté plus d’impacts que de risques ou d’opportunités, soulevant des questions sur la matérialité financière de ces impacts. Par exemple, 28 % des entreprises avaient entre 1 et 5 risques, mais plus de quatre fois plus d’impacts négatifs. Cette relation nécessite une recherche pratique supplémentaire pour mieux comprendre la dynamique entre impacts, risques et opportunités.

Au-delà des Données : l’Importance du Récit
Le reporting ESRS a souvent été dominé par la collecte de données, parfois au détriment de la gestion des IROs et de la narration stratégique. Les entreprises doivent équilibrer les métriques avec des politiques et actions claires pour raconter une histoire cohérente et stratégique. Les défis de qualité des données, notamment pour les émissions de GHG de Scope 3, ont été fréquemment cités.
Préparation à la Lecture par les Machines
Bien que les éléments visuels améliorent la lisibilité humaine, ils posent des défis pour les outils d’IA. Les entreprises doivent concevoir leurs déclarations en tenant compte de la lisibilité par les machines dès le départ, en utilisant des légendes ou des balises supplémentaires pour optimiser à la fois la lisibilité humaine et machine. Une taxonomie XBRL pour le balisage numérique est attendue pour 2026, mais pourrait être retardée par les propositions de l’Omnibus.
Lien avec la Stratégie
De nombreuses déclarations de durabilité incluaient les disclosures requises, mais le lien avec la stratégie globale de l’entreprise était souvent flou. La structure et la longueur des déclarations variaient, avec une moyenne de 84 pages. 90 % des déclarations suivaient la structure illustrée dans l’ESRS, mais certaines entreprises ont bénéficié de repartir de zéro plutôt que de modifier les rapports existants.
Recommandations pour l’Avenir
- Réévaluer l’engagement des parties prenantes : Envisagez des améliorations qui pourraient renforcer la qualité des contributions des parties prenantes et, in fine, améliorer votre reporting.
- Prendre du recul : Réfléchissez à la structure la plus efficace pour l’ensemble de la déclaration – afin de se conformer à l’ESRS tout en communiquant efficacement votre stratégie et votre histoire.
- Définir le ton et le langage : Parvenez à un accord interne sur le ton et le langage souhaités – par exemple, formel ou plus décontracté.
- Trouver le niveau optimal d’agrégation : Décomposez les sections complexes en regroupant les sous-thèmes ayant des politiques, actions et objectifs communs. Cependant, attention : trop de désagrégation entraîne des répétitions ; trop peu entraîne de la confusion.
- Utiliser les derniers outils d’IA : L’IA peut vous aider à formuler vos phrases. Elle peut également vous aider à tester vos divulgations pour la lisibilité par les machines.
Les ressources
- Le rapport KPMG Real-time ESRS – Fast 50 – early findings and key learnings from 1rst wave of ESRS reporting
En savoir plus sur REPÈRES RSE
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
