IPBES – les racines systémiques de la crise écologique, proposition d’un changement transformateur

En quelques mots : synthèse du rapport « Thematic Assessment Report – Underlying Causes of Biodiversity Loss – Determinants of Transformative Change » de l’IPBES

Ce rapport de l’IPBES est un appel à une refondation systémique de notre rapport au vivant. Il démontre que l’érosion de la biodiversité n’est pas une fatalité écologique, mais le symptôme d’un système économique, politique et culturel fondé sur la domination, l’inégalité et la myopie temporelle. Il propose une grammaire du changement transformateur, articulée autour de principes éthiques, de stratégies concrètes et d’exemples inspirants, pour faire advenir une société en harmonie avec la nature d’ici 2050.

Les ressources

🔗 Le rapport complet de l’IPBES Thematic Assessment Report – Underlying Causes of Biodiversity Loss – Determinants of Transformative Change – Options for Achieving 2050 Vision for Biodiversity – décembre 2024
🔗 La synthèse déjà réalisée en décembre du rapport sur Les changements transformateurs préconisés par l’IPBES – décembre 2024

🔗 Le rapport complet de l’IPBES Thematic Assessment Report – Nexus – Interlinkages among Biodiversity, Water, Food and Health – Juin 2025
🔗 La synthèse déjà réalisée lors de la sortie de la synthèse en décembre du NEXUS – lien d’interdépendances entre biodiversité, eau, santé et alimentation – par l’IPBES – décembre 2024

Préambule

Le préambule du rapport IPBES 2025 est une déclaration d’intention forte : le changement transformateur n’est pas une option, mais une nécessité vitale. Il s’agit d’un appel à une refondation systémique de notre rapport au vivant, dans un contexte de polycrise où l’érosion de la biodiversité, le changement climatique et la pollution interagissent et s’amplifient mutuellement.

Le rapport s’inscrit dans la continuité des travaux de l’IPBES, notamment l’évaluation mondiale de 2019 et les rapports thématiques sur les valeurs de la nature (2022) et l’usage durable des espèces sauvages. Il approfondit la notion de « changement transformateur » définie comme une réorganisation fondamentale, à l’échelle du système, des facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris des paradigmes, des objectifs et des valeurs.

Mais il va plus loin : il insiste sur le fait que cette transformation ne peut être purement structurelle ou technocratique. Elle doit être éthique, culturelle, politique et relationnelle. Elle implique des changements dans les manières de penser (visions), de faire (pratiques) et de gouverner (structures), et ce, de manière imbriquée. Le rapport mobilise une base empirique impressionnante : plus de 7 000 sources scientifiques et 391 études de cas couvrant tous les continents.

Le préambule souligne également que cette transformation ne peut être imposée d’en haut. Elle doit être co-construite par l’ensemble de la société : gouvernements, entreprises, peuples autochtones, communautés locales, chercheurs, citoyens. Le rapport propose ainsi un cadre d’action articulé autour de cinq stratégies majeures, chacune déclinée en actions concrètes, et guidé par quatre principes fondamentaux : justice, pluralisme, réciprocité et apprentissage adaptatif.

Enfin, le préambule affirme que cette transformation est possible. Des initiatives existent déjà, des visions alternatives sont portées par des mouvements sociaux, des communautés, des territoires. Le défi est de les reconnaître, de les soutenir, de les relier, et de les faire changer d’échelle.


A. Le changement transformateur : urgence, nécessité, possibilité

Le rapport commence par une alerte claire : nous approchons d’un point de bascule écologique global. La perte de biodiversité, combinée aux crises climatiques et de pollution, menace les fonctions écosystémiques essentielles à la vie humaine. Le risque de franchir des seuils irréversibles – comme le dépérissement de l’Amazonie, la disparition des récifs coralliens tropicaux ou la fonte des calottes glaciaires – est désormais bien établi. Ces crises ne sont pas isolées : elles s’imbriquent dans une polycrise systémique, où chaque déséquilibre en alimente un autre.

A1. L’urgence d’agir

Le rapport souligne que retarder l’action de dix ans doublerait les coûts économiques et écologiques. À l’inverse, agir maintenant permettrait de générer plus de 10 000 milliards de dollars d’opportunités économiques et de soutenir 395 millions d’emplois d’ici 2030. Ces chiffres ne relèvent pas de la spéculation : ils s’appuient sur des estimations robustes issues de la littérature économique et écologique.

Mais l’enjeu dépasse les chiffres. Il s’agit de sauvegarder les conditions mêmes de la vie sur Terre. La biodiversité n’est pas un luxe, ni un compartiment isolé de l’environnement : elle est le tissu vivant qui soutient l’alimentation, la santé, la régulation du climat, la qualité de l’eau, la résilience des sociétés.

En vous abonnant, vous pourrez accéder à toutes les archives de la chaîne RSE depuis sa création. Ce sont à date des centaines de synthèses de rapports, d’articles scientifiques, d’articles de presse. Vous avez accès également aux ressources originales, et aux ressources complémentaires proposées.

Votre soutien me permet de nourrir ma veille, payer les outils que j’utilise, et améliorer la qualité des contenus. Merci de m’accompagner et de vous nourrir de mon travail.


En savoir plus sur REPÈRES RSE

Subscribe to get the latest posts sent to your email.