Impacts financiers des risques climatiques – 1,2 trillions de dollars par an – par S&P

L’étude de S&P Global « For the world’s largest companies, climate physical risks have a $1.2 trillion annual price tag by the 2050s » explore les conséquences financières des risques physiques liés au climat pour les plus grandes entreprises mondiales. Ce travail se base sur une analyse des données de l’indice S&P Global 1200 (soit les 1200 plus grosses entreprises du monde – 70% de la capitalisation boursière mondiale), en utilisant le scénario climatique SSP2-4.5, qui prévoit une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2050, suivie d’une diminution. Dans ce scénario du GIEC, l’investissement dans l’adaptation n’est pas prévu.

Les risques climatiques : une menace financière croissante

Les entreprises du monde entier sont de plus en plus exposées à des événements météorologiques extrêmes et à des risques climatiques chroniques tels que les vagues de chaleur, le stress hydrique et les sécheresses. Ces phénomènes engendrent des coûts financiers considérables, qui devraient continuer à augmenter, même dans un scénario de réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’ici les années 2050, le coût annuel des risques physiques climatiques pour les entreprises de l’indice S&P Global 1200 pourrait atteindre 1,2 trillion de dollars, principalement en raison de la chaleur extrême et du stress hydrique.

Les entreprises de services publics seront particulièrement touchées, avec des coûts projetés à 4,6 milliards de dollars par an pour une entreprise moyenne du secteur. Bien que ces entreprises soient plus avancées en matière de planification de l’adaptation, les coûts restent élevés en l’absence de mesures d’adaptation efficaces.

Des impacts variés selon les secteurs et les régions

Les impacts financiers des risques climatiques varient selon les secteurs. Les secteurs des services publics, de la finance et de l’énergie seront les plus affectés à moyen terme. Par exemple, les entreprises de services publics devront faire face à des coûts annuels de 244 milliards de dollars d’ici les années 2050, principalement en raison de la chaleur extrême et du stress hydrique.

La localisation des actifs d’une entreprise influence également les risques auxquels elle est exposée. Par exemple, les inondations pluviales représentent un risque plus important pour les centrales électriques en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, tandis que la sécheresse est un risque majeur en Amérique latine et dans les Caraïbes.

L’importance de l’adaptation et de la résilience

Bien que de nombreuses entreprises reconnaissent les risques physiques climatiques, peu d’entre elles identifient les impacts financiers potentiels. Selon l’Évaluation mondiale de la durabilité des entreprises (CSA) de S&P Global, 94 % des entreprises de services publics évaluent les risques physiques aigus, mais seulement 62 % identifient un impact financier potentiel.

L’adaptation est essentielle pour réduire les coûts liés aux risques climatiques. Par exemple, des mesures telles que les toitures végétalisées et rafraîchissantes peuvent permettre à un propriétaire d’économiser 7,45 dollars pour chaque dollar dépensé, grâce à un soutien politique fort et à un déploiement rapide.

Une perspective financière stupéfiante

Le coût des événements climatiques pour les entreprises de l’indice S&P Global 1200 devrait atteindre environ 800 milliards de dollars par an dans les années 2030, 1 200 milliards dans les années 2050 et 1 600 milliards dans les années 2090. Ces chiffres, exprimés en dollars actuels, montrent une augmentation significative des coûts, avec un bond de 400 milliards de dollars par an entre 2030 et 2050.

Pour mettre ces chiffres en perspective, les 4 000 plus grandes entreprises américaines affichent un EBITDA total d’environ 4 300 milliards de dollars. L’augmentation des coûts climatiques pourrait donc avoir un impact considérable sur les marges des entreprises.

L’effet en cascade et l’urgence d’agir

Les fournisseurs d’énergie, notamment d’électricité, seront les plus touchés, et les coûts supplémentaires se répercuteront sur les prix de l’énergie, affectant tous les autres secteurs. Cela pourrait entraîner une « inflation climatique », dont les répercussions sur les consommateurs et les États sont encore incertaines. Les États devront également faire face à une augmentation des coûts liés aux événements climatiques, notamment en ce qui concerne les infrastructures de transport.

Face à ces défis, il est impératif d’investir dans des mesures d’adaptation, tant au niveau public que privé, pour éviter un choc économique majeur.

Conclusion : un appel à l’action

Le rapport souligne l’importance de l’adaptation et de la résilience pour faire face aux risques physiques climatiques. Même dans un scénario de forte atténuation des émissions de gaz à effet de serre, les coûts financiers projetés restent considérables en raison du réchauffement déjà observé. Les entreprises doivent donc investir dans des mesures d’adaptation pour atténuer les impacts financiers des risques climatiques.

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