| ✴️ En quelques mots: La pollution plastique ne commence pas dans les océans, mais dans l’air que respirent des millions de personnes vivant à proximité d’usines pétrochimiques. Selon Greenpeace, plus de 51 millions d’individus dans 11 pays sont exposés à des émissions toxiques liées à la production de plastique, avec des conséquences sanitaires graves : cancers, maladies respiratoires, troubles neurologiques et reproductifs. Ces installations, souvent situées dans des zones marginalisées, créent des « sacrifice zones » où la vie humaine est reléguée derrière les intérêts industriels. Le rapport montre que l’expansion programmée de la production plastique, dopée par le gaz de schiste et soutenue par des États, aggrave cette crise. Elle menace les objectifs climatiques, perpétue le colonialisme des déchets et verrouille notre dépendance aux énergies fossiles. Pour Greenpeace, seule une réduction de 75 % de la production plastique d’ici 2040, inscrite dans un traité mondial ambitieux, peut enrayer cette spirale toxique. |
Les ressources
🔗 Rapport Greenpeace de juillet 2025 – Every Breath You Take – Air Pollution Risks from Petrochemicals Production for the Plastics Supply Chain
🔗 The Lancet Countdown on health and plastics
🔗 Le Monde – La pollution aux plastiques est un danger grave et croissant pour la santé humaine et planétaire
Compléments à lire sur le sujet
🔗 INRAE – CNRS – Les plastiques utilisés en agriculture et pour l’alimentation – usages, propriétés et impacts – Résultats de l’expertise scientifique collective INRAE-CNRS
🔗 Le Monde –Traité plastique – à Pusan, le monde au défi de stopper une pollution hors de contrôle
🔗 L’article « Plastics pollution exacerbates the impacts of all planetary boundaries »
🔗 Le rapport de l’OCDE Scenarios d’action pour l’élimination de la pollution plastique à l’horizon 2040
🔗 Institut Mines Télécom – Les annales des Mines – 2024-10 – Responsabilité et environnement – la fin des plastiques
🔗 Etude microplastiques
🔗 Le Monde- Microplastiques : une pollution invisible mais massive dans tous les fleuves européens
🔗 La fondation Tara, lien vers la page Tara Microplastiques
🔗 Des microplastiques dans le coca
🔗 Etude macroplastiques
🔗 Plastics pollution exacerbates the impacts of all planetary boundaries
Plus de ressources sur la problématique du plastique
Sommaire
Le plastique, ce poison invisible
On croyait le plastique cantonné à nos poubelles, à nos plages souillées, à nos océans saturés. Mais Greenpeace nous oblige à lever les yeux vers les cheminées industrielles, là où commence un cycle toxique. Ce rapport de Greenpeace n’évoque pas les déchets en bout de chaîne de production, mais des étapes qui précèdent : l’extraction, la transformation, la fabrication. Il s’agit ici de l’air que l’on respire, de celui que l’on ne choisit pas, de celui que l’on partage avec des installations pétrochimiques qui transforment le gaz de schiste en granulés plastiques.
Au delà d’être la matière d’objets jetables, le plastique est au coeur d’une infrastructure mondiale, un système de production énergivore, un réseau de pollution qui commence bien avant le sachet abandonné sur un trottoir. Ce système, Greenpeace nous affirme qu’il est en expansion. Massivement. Irrémédiablement. À moins d’un sursaut politique.
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Une cartographie de l’injustice
A partir d’une analyse géospatiale couvrant 11 pays, cette étude nous révèle que plus de 51 millions de personnes vivent à moins de 10 km d’une installation pétrochimique liée à la production de plastique. Ce chiffre déjà important est probablement sous-estimé : il ne prend en compte que le lieu de résidence, pas les lieux de travail, d’étude ou de loisirs.
Les États-Unis arrivent en tête en nombre absolu, avec plus de 13 millions de personnes exposées, concentrées au Texas et en Louisiane. Mais c’est les Pays-Bas qui détiennent le record en proportion : un quart de la population vit à proximité de ces installations. La Suisse suit avec 10,9 %. Partout, des zones frontalières sont concernées, soulignant que la pollution ne connaît ni passeport ni douane.
Certaines de ces zones sont qualifiées de « sacrifice zones » par les Nations Unies. Des lieux où les taux de cancer, de maladies respiratoires, de troubles de la reproduction explosent. Des lieux où l’on ne vit pas, on survit.
A découvrir directement dans le rapport, des cartographies extrêmement parlantes de différentes zones extrêmement concernées : Canada, Allemagne, Indonésie, Corée du sud, Malaisie, Pays-bas, Philippines, Suisse, Thailande, UK, USA,

Le plastique comme plan de sauvetage du pétrole
Le plastique est devenu le plan B de l’industrie fossile. La transition énergétique menace en effet les profits du pétrole. Alors les géants du secteur misent sur les plastiques pour maintenir leur emprise. D’ici 2050, la production de plastique pourrait doubler, voire tripler. Et avec elle, les émissions de gaz à effet de serre, les rejets de composés organiques volatils, les particules fines, les oxydes d’azote et de soufre.
Le plastique est ainsi une stratégie industrielle. Une fuite en avant. Une colonisation de l’air.
Des marques complices, des États complaisants
Nestlé, Coca-Cola, PepsiCo : leurs emballages sont liés à la fracturation hydraulique dans le bassin permien au Texas. L’éthane extrait est transformé en polyéthylène, puis en bouteilles, sachets, films plastiques. Le Royaume-Uni finance à hauteur de 700 millions d’euros un projet pétrochimique d’Ineos à Anvers, malgré les alertes climatiques. L’Afrique du Sud continue de brûler du charbon pour produire du plastique, avec Sasol comme principal émetteur de GES du pays. Partout, des gouvernements soutiennent, tolèrent ou ferment les yeux. Partout, des communautés paient le prix fort.
Une bataille diplomatique sous haute tension
C’est opportunément dans le contexte des négociations du Global Plastics Treaty, dont la prochaine session se tient à Genève en août 2025, qu’est publié cette étude. Les précédentes discussions ont été sabotées par une armée de lobbyistes de l’industrie fossile, plus nombreux que n’importe quelle délégation nationale. Intimidation, désinformation, infiltration : les tactiques étaient (et sont) dignes d’un thriller politique.
Mais la résistance s’organise. 85 pays ont signé une déclaration appelant à une réduction de la production mondiale de plastique. Des scientifiques, des ONG, des communautés affectées réclament une réduction de 75 % d’ici 2040. Et il n’est pas question de recyclage, mais bien de produire moins. Pour respirer mieux.
L’étude de Greenpeace est d’abord un état des lieux, certes. Pourtant, c’est surtout une mise en accusation. Greenpeace nous force à reconsidérer notre rapport au plastique comme une pollution à prévenir dès sa genèse plutôt qu’une gestion de déchets. Le rapport nous rappelle que derrière chaque objet en plastique se cache une usine, un gaz toxique, une communauté sacrifiée et pose des questions dérangeantes :
Pourquoi tolère-t-on que des enfants naissent avec des malformations à cause de l’air qu’ils respirent ?
Pourquoi les pays riches financent-ils des infrastructures qui empoisonnent les pays pauvres ?
Pourquoi les emballages jetables ont-ils plus de droits que les peuples qui les subissent ?
Greenpeace réclame évidemment ici une fin de l’Âge du plastique.
Découvrez aussi sur la chaîne notre publication du 6 Août sur le « Lancet Countdown on health and plastics ». Les ressources ci-dessous sont les mêmes que dans ce précédent article.
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3 réflexions sur “Enquête sur l’amont invisible des effets du plastique – Par Greenpeace”
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