Comment éviter que l’IA ne creuse les fractures mondiales – par l’UNDP

En quelques mots :
Synthèse du rapport de décembre 2025 de l’UNDP: AI – The Next Great Divergence

L’IA n’est pas une simple technologie : elle est la nouvelle infrastructure vitale, capable de remodeler la carte des libertés humaines. Elle peut être le levier qui démocratise la santé, l’éducation et la résilience climatique — ou le catalyseur d’une abondance inégalitaire, où les gains se concentrent et les vulnérabilités s’amplifient. L’Asie-Pacifique, laboratoire du monde, révèle l’ampleur du risque : des mégapoles hyperconnectées côtoient des îles sans réseau, des hubs d’innovation voisinent avec des États fragiles. Si rien n’est fait, la Next Great Divergence deviendra réalité, inscrivant dans le marbre des fractures économiques, sociales et écologiques pour des générations. Le rapport trace une boussole claire : mettre les personnes au centre, gouverner l’innovation avec responsabilité, bâtir des systèmes durables et ouverts. Cela exige des choix immédiats — infrastructures, compétences, garde-fous — et une coopération régionale pour transformer l’IA en bien public plutôt qu’en rente privée. Car le succès ne se mesure pas en téraflops, mais en libertés élargies, en institutions qui tiennent, et en vies dignes. L’IA ne doit pas être le triomphe des machines, mais celui des humains.

Les ressources

🔗UNDP – 2025-12 – AI – The Next Great Divergence – Attention, il y a deux rapports et le rapport de contexte est extrêmement intéressant
🔗Comprendre la courbe de « l’éléphant » de Milanovic
🔗UNEP – 2025-05 – Human Development report 2025
🔗OECD Artificial Intelligence Papers

Sommaire

Avant-propos

L’intelligence artificielle est déjà partout, mais elle demeure invisible, comme l’électricité ou l’internet qui la sous-tendent. Elle murmure dans les serveurs, propulse des millions de processus, en restant discrète, enfouie. Pour des milliards d’êtres humains, cette invisibilité est doublée d’une inaccessibilité : ceux qui vivent sans électricité fiable, sans réseau, sans téléphone, ne voient pas l’IA et n’en pressentent même pas la promesse. Pour eux, elle n’est pas seulement hors de portée, elle est hors du monde.

Ce rapport, issu du Bureau régional du PNUD pour l’Asie et le Pacifique, choisit de regarder l’IA depuis la marge : celle des vulnérables. Il s’inscrit dans la continuité du Rapport mondial sur le développement humain 2025, qui posait une question décisive : « L’IA peut-elle devenir un levier de développement humain ? Oui, mais cela dépendra moins des algorithmes que de nos choix. » Ici, la focale se resserre sur une région immense, contrastée, où coexistent mégapoles futuristes et villages sans réseau, économies à la pointe et États fragiles. L’Asie-Pacifique est le laboratoire ultime : c’est là que se jouera la réponse à la question qui hante ce rapport — l’IA sera-t-elle un pont ou un gouffre ?

L’histoire nous avertit : la première Grande Divergence, au XIXᵉ siècle, fut déclenchée par la révolution industrielle, propulsant l’Occident loin devant. L’IA pourrait-elle provoquer une seconde Grande Divergence, laissant des continents entiers à la traîne ? Nul ne peut prédire ce que l’IA créera ou détruira. Mais nous pouvons tenter de la guider, pour qu’elle serve la santé, l’éducation, l’agriculture, et qu’elle élargisse les capacités humaines plutôt que les réduire. Car le développement humain n’est pas une affaire de machines, mais de libertés : la liberté de vivre la vie que l’on choisit.

Le rapport rappelle que la région est traversée de fractures profondes : entre pays, entre villes et campagnes, entre riches et pauvres, entre hommes et femmes. Les femmes, surreprésentées dans les économies informelles et du soin, risquent d’être les premières victimes des biais algorithmiques et des violences en ligne. Sans politiques volontaristes pour combler ces écarts, l’IA pourrait creuser des abîmes.

Ce ne sont pas les machines qui doivent choisir, mais les peuples. Les décisions prises aujourd’hui — infrastructures, règles, garde-fous — dessineront la trajectoire du développement pour des décennies. L’Asie-Pacifique, avec ses 4,3 milliards d’habitants, porte une responsabilité mondiale : ce qui s’y joue résonnera partout. Ce rapport s’adresse à ceux qui ne veulent pas subir l’avenir, mais le façonner — décideurs, entreprises, société civile — tous ceux qui, entre enthousiasme et inquiétude, pressentent que l’IA est plus qu’une technologie : c’est une bifurcation historique.

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